Le jeune producteur vient d’être lauréat de la catégorie musique de The Creators Source, l’incubateur de jeunes talents créé par adidas Originals.

A quelques heures de son live sur la scène adidas House du très branché festival The Peacock Society, Madijuwon nous fait part de sa joie : “C’est un honneur pour moi de pouvoir participer à cet évènement entouré de très grands noms. Je vais faire en sorte de m’amuser à fond et de donner le plus d’amour possible !” A la vue de son actualité de ces dernières semaines, il est aisé de comprendre pourquoi le jeune artiste a le sourire. Après son séjour au sein de l’incubateur de créativité d’adidas The Creators Source, Alex de son vrai nom a signé chez Roche Musique et s’apprête à sortir un premier EP à la rentrée. Avec ses beats résolument funk et ensoleillés, Madijuwon a séduit les jurés de The Creators Source. Une victoire qui lui a ouvert de nombreuses portes comme il nous l’explique : “J’ai eu l’opportunité de me produire au Flagship adidas, au festival Together… C’était très intéressant, même enrichissant. J’en ai profité pour passer d’un format live à un format DJ Set. J’apprends beaucoup depuis un mois. A vrai dire, depuis le début du programme, il n’y a que du positif.” 

Une question nous brûle toutefois les lèvres : que signifie ce pseudonyme ? Alex répond du tac-au-tac : “Il fallait absolument que je trouve quelque chose d’atypique, des Alex il y en a à la pelle donc je voulais me différencier.” explique-t-il, “‘Madi’ c’est un peu le surnom qu’on me donne depuis l’adolescence, l’origine provient de ‘Madinina, la Martinique en créole ,et pour ‘Juwon’ c’est un clin d’œil à l’ancien grand basketteur NBA qu’était Hakeem Olajuwon. J’ai toujours beaucoup aimé le sport, en particulier le basket, j’ai fait cette association et ça m’a plu.” C’est durant ses années lycéennes que Madijuwon a commencé à se pencher sur le domaine du beatmaking, en s’intéressant tout d’abord aux instrumentales des musiques qu’il écoutait lors de son adolescence. “Un jour j’ai décidé me lancer, j’ai acheté un clavier MIDI et j’ai téléchargé une version de FL Studio. Je ne me suis jamais arrêté depuis” confie-t-il.

A l’époque et aujourd’hui encore, Madijuwon se décrit comme un grand admirateur de deux producteurs de sa jeunesse. Pete Rock tout d’abord, la moitié de C.L. Smooth et légende du rap new-yorkais, ainsi que Pharrell Williams, “surtout en tant que producteur des Neptunes” nous précise-t-il. “Je me dis que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir grandi à cette époque, il y avait encore une belle empreinte des 90’s sur les années 2000 et ça s’entend dans les sons. Peut être que si j’avais été un ado en 2018 ça aurait été différent” explique Alex non sans nostalgie du haut de ses 27 ans. Ces influences qui ont marqué les sonorités du tournant du millénaire se retrouvent aujourd’hui dans les compositions de Madijuwon, qui parviennent à unir des sonorités résolument modernes avec certaines touches old-school.

Originaire de Cannes, Madijiuwon a déménagé à Lyon il y sept ans, une ville qui l’inspire artistiquement et dans laquelle il a rencontré son manager. Beatmaker productif et ambitieux, le jeune homme reste avant tout un passionné d’art dans son ensemble : “Ma musique c’est moi, c’est ce que je suis. C’est ce que j’aime et ce que je fais donc souvent, mon inspiration peut partir d’un film que j’ai vu, d’une peinture que j’ai analysé… J’aime beaucoup l’art et je puise ma force dans tout ce qui est créatif.” Une discipline artistique retient particulièrement l’attention de Madijuwon : la danse. “Je fais de la danse aussi depuis plusieurs années et elle reste une de mes plus grandes inspirations quand je fais de la musique” révèle-t-il, en confiant qu’il a commencé à faire de la musique grâce à la danse et qu’il n’envisage pas l’une des passions fonctionner sans l’autre. “Il arrive très souvent qu’on danse sur des instrumentales ou même de la musique indé. C’est comme ça que j’ai découvert l’électro hip-hop, le glitch hop et des artistes comme ediT du Glitch Mob ou Flying Lotus” explique Madijuwon. Les influences de cette scène de Los Angeles se retrouvent en effet dans nombre de ses production. 

Evoluant à la croisée des mondes entre la danse et la musique, Alex pense que la relation particulière et optimale entre ces deux arts est très difficile à atteindre. L’écoute de ses différentes productions prouvent pourtant qu’il y arrive très bien, tant il est difficile de ne pas être sensible aux atmosphères souvent très dansantes de ses créations. Le quotidien de beatmaker étant parfois compliqué, du fait de la constante charge de travaille qui pèse sur ses épaules et du besoin de toujours se renouveler pour produire de nouvelles choses, Madijuwon essaie de ne pas trop se poser de questions : “Quand ton esprit est brouillé, il n’y a plus rien à faire. Ça parait simple dit comme ça, mais j’essaye de lâcher prise, de me laisser aller. Je trouve que l’art est une belle thérapie.” Il conclue sa pensée par des mots à la fois simples et justes : Pour moi, la musique, c’est une belle opportunité de pouvoir m’exprimer.” 

Alors que notre entretien touche à sa fin, Madijuwon avoue qu’il ne rêve pour l’instant de collaborer avec aucun un artiste en particulier, même s’il fait part de son coup de coeur pour “cette nouvelle vague d’artistes belges” en citant des noms comme ceux de Roméo Elvis, Isha ou encore L’Or du Commun.“Je trouve qu’ils ramènent une fraîcheur dans le rap francophone, une ouverture différente” précise-t-il. Toujours concentré sur la confection de son premier EP chez Roche Musique, un label prestigieux dont il est fier de faire partie, Madijuwon ne veut pas s’enflammer malgré un succès de plus en plus grandissant : “J’apprécie tout ce qui m’arrive et évidemment les objectifs sont amenés à changer, mais j’ai toujours été prudent, je prends tout ça comme une chance. Je vais continuer de faire ce que j’aime avec beaucoup plus d’ambition et de travail qu’avant.” Il ne fait pourtant aucun doute que le jeune beatmaker cannois devrait confirmer les très belles promesses qu’il a laissé entrevoir jusqu’ici. Et ce, dès la rentrée.

Vous pouvez découvrir les productions de Madijuwon sur SoundCloud, Spotify et YouTube, ainsi que le suivre sur Instagram.

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