Fondée en 2016, la marque Rave Skateboards qui est basée à Bordeaux ne cesse de se développer. Pour sa collection Printemps/Été 2018, elle dévoile sa vidéo “_ l o v e r s” mettant en scène sa dernière collection et illustrant parfaitement son état d’esprit. À cette occasion, Views a discuté avec Aurélien Mangin, l’un des fondateurs de la marque.

Quelle est l’histoire de Rave Skateboards ?

On est 3, avec Tom Amiot et Pierre-Jean Chapuis qui est un skater avec une certaine notoriété qui a déjà fait plusieurs couvertures de magazines. On s’est rencontré à l’école, début 2015, et le moment où on décide de monter ce projet, on était soit en stage soit en semestre à l’étranger, Tom chez DDP, Pierre-Jean à Budapest et moi chez Norse Projects. On revient un peu plus tard en France et on lance la marque en juin 2016.

Qu’est-ce que c’est, l’esprit Rave ?

C’est déjà de la liberté, de l’ouverture d’esprit, de la créativité, du second degré et de l’absurde. Beaucoup de tolérance aussi, cette ouverture qu’on a envers la communauté LGBTQ par exemple, comme on le montre dans cette vidéo.

Est-ce que tu peux me parler de cette vidéo que vous sortez pour accompagner votre nouvelle collection ?

C’est une espèce de rêve éveillé de la part du personnage principal que l’on voit au début de la vidéo et qu’on retrouve à la fin. C’est un peu raconté dans le sens “lucide dream” : le mec vit vachement les choses mais la timeline est assez éclatée, tu as des inserts un peu partout, des passages qui reviennent au début, à la fin, au milieu… Et donc c’est sur un mec qui vit un truc parfois incohérent, comme la scène du terrain vague, des scènes qui sont pas de la vie de tous les jours et qu’on apparentent donc aux rêves. Et en même temps, il expérimente des choses au sujet de sa sexualité : il est en train d’embrasser une meuf chan-mé et ensuite il arrive dans une soirée où il a un crush pour un mec. Tu as un côté très hédoniste et en même temps un peu absurde.

D’où sont venus ce thème et l’idée de cette vidéo ?

Ce thème est arrivé chez Rave car dans la collection qu’on avait préparé, on avait notamment les hoodies avec le “pride-flag”, qui sont donc un peu engagés et qui se différencient de pièces plus légères qu’on a l’habitude de faire. Et au delà du produit en lui-même, on est hyper inspirés par des marques comme Noah ou Patagonia par exemple, qui font des pièces dont les bénéfices sont reversés à des oeuvres caritatives ou qui reversent une partie de leur chiffre d’affaire à des assos, etc. Donc là, on va reverser sur ces pulls 5% du prix de ces hoodies à l’association CONTACT, qui est une association LGBT qui fait un travail d’accompagnement des jeunes rejetés par leur famille à cause de leur orientation sexuelle, qui combattent toutes les discriminations. On communique pas vraiment là dessus car on ne fait pas encore grand chose, mais peut être qu’on en parlera plus quand on pourra faire plus que ça.

Le montage de cette vidéo est aussi particulier, comment vous l’avez construite ?

Ce qu’on retrouve dans le montage c’est principalement de nombreux flashforwards. On était partis de l’idée d’un mec qui part dans la boite, qui cruise, sauf qu’en fait on est partis dans un montage avec des inserts qui n’auraient pas du apparaître. On a voulu éclater le montage et arrêter de respecter la timeline. L’idée c’était qu’au début de la scène, le mec cherche quelque chose dans la boite et que ce soit le mec pour lequel il a eu un crush, que l’on voit à la toute fin de la vidéo seulement.

Try me.

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Vous avez un lien important avec Bordeaux…

Quand on fait des tours de skate on bouge un peu partout, on a fait Bilbao, Dunkerque, Madrid… Mais c’est vrai qu’on a un gros lien avec Bordeaux, dans le sens où nos bureaux sont ici, beaucoup de photos et de vidéos présentes sur notre Instagram sont prises ici aussi. Et par exemple pour ce qui est de nos projections et events, on organise souvent ça à Bordeaux dans un espace associatif appelé le Réseau Paul Bert, qui fait un super travail auprès des sans-abris, notamment en terme de réinsertion.
Au niveau du sponsoring, ce sont exclusivement des mecs proches de nous, par extension des mecs de Bordeaux, que PJ connaît bien et avec qui il avait l’habitude de skater avant qu’on lance la marque… Des mecs qui sont pas forcément restés à Bordeaux et qui maintenant nous représentent ailleurs en Europe.

Au niveau de vos collections, où allez-vous chercher vos idées ?

Pour ma part je m’occupe des designs et globalement c’est beaucoup de chose que je vois, du screenshot à fond que je met dans des dossiers, j’accumule, j’accumule, et après je regarde énormément de films, de mangas, c’est un peu tout ça qui se mélange et quand je rouvre les dossiers j’ai tellement de trucs empilés que j’ai pas trop de mal à créer les collections. Mine de rien, on fait beaucoup de références. Dans la dernière collection par exemple, le hoodie Rave 1997 c’était une référence au film de Carpenter “New York 1997”. Dans notre collection Printemps/Été, il n’y a pas de référence à des films mais dans la prochaine il y en aura plusieurs. Au final, on a plein de références dans la pop-culture. On aime aussi beaucoup l’Italie, même si aucun de nous trois n’a de lien avec ce pays, c’est une langue qui marche très bien pour du streetwear, c’est chaleureux et très “summer”, ça change de l’anglais qu’on voit quasiment partout.

Et comment vous passez d’une idée à un produit ?

Pour la production textile, c’est du “Do It Yourself” façon streetwear. Donc c’est vraiment tout pour le print, tout pour la sérigraphie, c’est pas faire des coupes chelous… C’est plus simple : tu as des t-shirts, hoodies, crew-necks, quatre couleurs, de la sérigraphie, du print et voilà. Tout se fait à Bordeaux. On va prendre des bases, faire de l’étiquetage, printer et/ou broder dessus. On prend du basique très bien sourcé, de très bonne qualité, donc des produits qui tiennent et qui sont fait pour le skate. Toute la partie bagagerie est faite dans l’Est de l’Europe, on développe nos produits tout en Cordura. C’est une partie de la collection qui prend énormément chez nos revendeurs. Palace était la seule marque de skate qui faisait de la bagagerie Cordura en skateshop, maintenant qu’ils vendent en direct, excepté pour les boards, tout un espace est resté vacant sur ce créneau. Toutes les saisons, on développe un nouveau modèle. Là par exemple j’ai développé un shoulder-bag dans un format un peu Places+Faces pour FW18, et là je pense en faire un autre plus Lacoste, Eastpak pour SS19. Les boards elle sont fabriquées au Canada et printées à Anglet. Les formes spéciales, elles, sont réalisées entièrement en France de la presse au print par Rekiem Skateboards.

C’est quoi la suite pour vous ?

Depuis le début, la stratégie est d’être dans les skateshops à fond, ensuite ça nous arrive d’intégrer progressivement des magasins premiums, streetwear, donc continuer ce qui a été amorcé avec 5PM à Nantes, ou même le store Granit à Montpellier.

La collection Printemps/Été de Rave Skateboards sera disponible jusqu’au mois d’août sur leur boutique en ligne et dans de nombreuses boutiques à travers la France. Vous pouvez les retrouver sur Instagram en cliquant ici.

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