Hot take

Non pas que vous ne soyez nécessairement un gros beauf si vous rappeliez ce morceau au bon souvenir de vos amis Facebook chaque année à la même date, mais un peu quand même.

Sorti en 2007, le morceau d’Orelsan “Saint-Valentin” en featuring avec Gringe a fait office de détonateur dans la carrière du rappeur, et ce à tous les sens du terme. Véritable succès commercial, le morceau a en effet permis à Orelsan de se faire connaître et de mettre son début de carrière sur les rails, puisqu’il l’a aidé, un an plus tard, à obtenir un franc succès auprès du public rap avec son premier album “Perdu d’avance”, tout en préparant le jeune rappeur désabusé à l’avalanche de polémiques que ses paroles allaient déclencher.

Avec le morceau “Sale pute” sorti la même année que “Saint-Valentin”, Orelsan allait en effet être poursuivi de longues années pour “provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence“, à cause de ses textes à l’époque franchement hardcore. L’artiste avait été relaxé de ces charges en 2016, soit 7 ans après la sortie du projet. Si les paroles de “Saint-Valentin” n’avaient pas été mises en cause par la justice, elles n’en demeuraient pas moins peu raffinées et il serait plus que temps, 10 ans après, d’enfin tourner la page puisque le rappeur l’a lui même fait, comme le montre son dernier album La Fête Est Finie.

Si votre Saint-Valentin se résume en 2018 à vous ambiancer sur le refrain “J’aime pas trop les 14 Février / Tout l’temps seul à force de m’faire griller / J’te tèj’ la veille, et j’te rebaise le lendemain / Suce ma bite pour la Saint-Valentin”, c’est signe que vos goûts musicaux n’ont pas bougé d’un iota en une dizaine d’année et que vous avez sans doute bien dépassé vos 35 ans, ce pourquoi je ne vous jugerai donc pas, soit que vous êtes un jeune beauf dénué de raffinement et d’un minimum d’audition, ce qui vous empêchera donc de profiter de la très bonne qualité du rap français actuel, que votre célibat se prolonge quelques années de trop ou, encore, que vous êtes resté en 2008 puisque vous vous reconnaissez toujours dans les paroles “Si j’oublie ton prénom, j’oublierai pas ton numéro d’phone-tel / Toujours du crédit sur mon forfait tasse-pé” alors qu’aujourd’hui la très vaste majorité des français sont équipés de forfaits appels illimités, puisque plus de 62 millions de cartes SIM incluent aujourd’hui en France plus de 2 heures d’appels gratuits d’après l’ARCEP.

“J’aime les chattes de gouttière, et les Aristochattes”, “J’aime pas les chattes percées, j’aime les chattes rasées en ticket d’métro”, “J’suis romantique : suce ma bite pendant qu’j’regarde le foot / Et tape un rail de sperme avec mon foutre”, voici un petit florilège de ce que renfermaient les paroles de ce “tube de la street”, si tant est que la street était à cette occasion la départementale 682 dans le Cantal, la route nationale 126 dans le Tarn ou encore la nationale 17 près de Lens. De très belles régions qui n’ont pourtant de cesse 10 ans plus tard que de réclamer à ce qu’on les dissocie enfin de ce morceau et de ses paroles inaudibles pour toute personne respectant un minimum ses oreilles et son amour propre, nous évitant ainsi une petite dose de misogynie (ou de liberté d’expression).

Bref, il est temps de passer le cap et d’arrêter de partager “Saint-Valentin”. Particulièrement en ce 14 février. Si vous n’êtes pas prêt à tirer un trait sur ce tube de la diagonale du vide, vous pouvez quand même le réécouter ci-dessous, accompagné de son clip pas du tout ringard, sans oublier de partager cet article pour bien montrer à vos amis Facebook que vous avez su grandir et évoluer.

Cet article est une “Hot Take”, une prise de position polémique visant à susciter le débat sur la question qu’il soulève. Les propos tenus dans cet article sont volontairement exagérés et n’engagent que leur auteur. Ils ne sauraient en aucun cas être tenus pour ceux de Views.

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