Le regretté créateur du A$AP Mob était connu comme un personnage charismatique et apprécié, ayant beaucoup contribué au rayonnement du rap new-yorkais du XXIème siècle et permis à son crew ‘Always $trive And Prosper’ d’écrire ses lettres de noblesse.

Malheureusement, sa consommation excessive de drogues et ses addictions auront eu raison de lui. Suite à une soirée trop arrosée, mélangeant drogues et alcool, Yams s’est tragiquement étouffé dans son vomis et a été déclaré mort le 18 janvier 2015 à l’âge de 26 ans.

Pour comprendre l’impact de Steven Rodriguez, plus connu sous le nom d’A$AP Yams, il suffit d’écouter la manière élogieuse et respectueuse avec laquelle son entourage et notamment les membres du Mob en parle aujourd’hui. Lors de notre interview avec A$AP Ant, ce dernier avec déclaré au sujet de Yams “Sa mort a montré tout le respect et l’impact qu’il a eu sur la culture. On a découvert qu’il avait des relations avec des gens, des artistes, des businessmen. À ce moment là, on ne soupçonnait pas tout ça et on était encore plus choqués par l’impact qu’il a eu sur ces gens. C’est un précurseur et le créateur du A$AP Mob. On lui doit énormément.

Un discours unanime, qui permet de comprendre une chose simple : sans A$AP Yams, le A$AP Mob n’existerait pas et A$AP Rocky ne serait pas devenu l’icône de la jeunesse qu’il est aujourd’hui. Véritable conseiller, mentor, directeur artistique et manageur du crew, la relation entre Yams et Rocky était particulièrement puissante et a permis à Lord Pretty Flacko Jodye de s’offrir un début de carrière tonitruant. Quelques temps après sa mort, A$AP Rocky avait déclaré à MTV “Je viens de perdre mon frère. J’en ai rien à foutre de la musique. Au final, est-ce que j’échangerais ma carrière pour retrouver Yams ? Oui. Car dans les faits, Yams est la seule personne qui a tout traversé avec moi et sait ce que je ressens.” Avant d’expliquer “Yams était mon partenaire dans ce truc. Il est la personne que je connaissais quand j’étais pauvre, qui m’aidait quand on ne savait pas de quoi le futur serait fait. Pleins de gens sont prêts à aider et contribuer quand ils ont l’assurance d’une compensation. Lui, ne savait pas ce qui allait se passer. Il avait seulement autant confiance en moi, de la même manière que j’avais confiance en moi.

Si aujourd’hui le succès du A$AP Mob est indéniable et chaque membre est établi, aussi bien dans le streetwear que le rap, rien de tout cela n’était écrit d’avance, loin s’en faut. A$AP Rocky a perdu son frère en 2001 et a grandi sans père, dans un contexte où beaucoup auraient sombré. Sa rencontre avec Yams en 2007 a été salvatrice à bien des niveaux et lui a permis d’échapper à l’appel de la rue.

La vision artistique d’A$AP Yams, bien qu’il n’était ni rappeur ni producteur, et son sens du business ont permis au crew de s’offrir une identité qui a chamboulé le rap new-yorkais puis le monde entier au début des années 2010. Grâce à une image de marque rafraichissante et unique appuyé par le préfixe A$AP, des sonorités nouvelles pour New-York (notamment inspirée par le Dirty South) et une connexion avec le streetwear et la haute-couture sans égale pour des rappeurs, Yams a su dicter au Mob la recette de son succès et a été un soutien pour chaque membre, à la fois humainement et artistiquement. Grand fan de Burberry et de la mode plus globalement, il a su être le premier à voir en A$AP Rocky une image de marque que les plus grandes enseignes s’arracheront. Il ne semble pas nécessaire de préciser qu’il a vu juste.

Et bien que son impact sur le Mob soit désormais connu dans les moindres détails, il a su, à travers le lancement de son label Yamborghini Records mettre le doigt sur des talents tels que Vince Staples et Joey Fatts qui étaient à l’époque d’illustres inconnus. Bien qu’il l’ait exercé dans un laps de temps beaucoup trop court, sa capacité à dénicher des talents demeure sans doute son plus beau fait d’arme dans le hip-hop.

Lorsque l’on évoque A$AP Yams et son histoire, l’expression “les meilleurs partent en premier” prend finalement tout son sens. A une différence près. L’impact sur la culture de Steven Rodriguez ne s’est en effet pas arrêté le 18 janvier 2015, il a continué et continuera de prospérer. Comme il en rêvait sans doute 10 ans en arrière dans les rues d’Harlem.

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