Après Los Angeles et Toronto, les deux plus grands trash-talkers au monde se retrouvaient ce jeudi soir à New York pour la troisième conférence de presse du Mayweather-McGregor World Tour. Views était sur place et vous raconte.

New York a choisi son champion. Dire que Conor McGregor aura les faveurs du public de la Grosse Pomme le 26 août prochain relèverait de l’euphémisme. Comme la veille au Canada, les fans du Notorious ont pris d’assaut les travées de la rutilante Barclays Arena de Brooklyn. Rien de plus normal dans une ville où la communauté irlandaise occupe une place aussi importante dans l’histoire. Au moment d’arriver aux abords de la salle traditionnellement occupée par les Nets, il est en effet impossible de passer à côté des tignasses rousses, des innombrables drapeaux irlandais flottants au vent ainsi qu’aux nombreuses canettes de bières jonchant le trottoir. Les soutiens de McGregor ont visiblement pris de l’avance sur les festivités à venir. Et ce n’est pas les deux heures de retard sur l’horaire prévu pour le début de la conférence de presse qui les fera cesser de chanter à la gloire de l’idole McGregor.

L’arène new-yorkaise se remplit à la même vitesse que les pintes descendent : très vite. Après une longue attente ponctuée par diverses best-of des carrières des deux combattants diffusés sur écran géant et des animations musicales qui ne resteront pas dans les mémoires, Conor McGregor pénètre dans la Barclays Arena. Un tapis rouge traverse la salle de bout en bout, permettant ainsi à l’irlandais de parader dans son manteau fait en fourrure d’ours polaire, comme il le répétera plusieurs fois au long de la soirée. Ovationné pendant de longues minutes, le Notorious est conscient qu’il joue une fois de plus à domicile. Néanmoins, Floyd Mayweather est le premier à lancer les hostilités avec une entrée qu’il effectue enveloppé dans un drapeau irlandais. Le public new-yorkais n’apprécie vraiment pas et se met alors à chanter à l’unisson “Pay your taxes/paye tes impôts”, en référence aux récents soucis de “Money” Mayweather avec le fisc américain.Après un face à face et une introduction enfiévrée du boss de l’UFC Dana White, Conor McGregor se lance dans une tirade qui risque de faire parler dans les jours à venir. L’irlandais commence tout d’abord par offrir le nouvel album de JAY-Z 4:44 à son rival, lui conseillant de “l’écouter pour apprendre, apprendre comment créer et maintenir un empire, un vrai empire.” Le Notorious enchaîne ensuite sur les accusations de racisme que font peser sur lui une frange de la presse américaine. La réponse de McGregor ne se sera donc pas faite attendre, même si elle risque d’en désarçonner quelques uns : “Ils ne savent pas que je suis à moitié noir ? Ouais, je suis à moitié noir en dessous de la ceinture.” Pas sûr que la métaphore fasse sourire ses détracteurs, tout comme les ondulations du bassin pour le moins suggestives que dédie ensuite McGregor aux femmes de couleur qui le soutiennent.

Floyd Mayweather s’empare alors du micro pour commencer un numéro qui restera dans les mémoires. Après une traditionnelle série de “Hard Work” sous les huées du public de la Barclays Arena, “Money” attaque l’irlandais en lui rappelant qu’il a perdu trois combats par abandon au cours de sa carrière. En grande forme, l’américain fait ensuite pleuvoir 5000$ sur la tête de McGregor, le comparant à une strip-teaseuse bas de gamme. La salle prend alors feu et se remet à chanter à plein poumon “Pay your taxes.” Le Notorious reste de marbre et fait remarquer à Mayweather qu’il jette des billets de 1$. Ce dernier lance ensuite quelques piques à Dana White, avant d’aller chercher sa garde rapprochée pour aller se frictionner gentiment avec le clan McGregor. Les deux hommes l’ont compris, New York est une ville où il faut faire le show plus que partout ailleurs.S’ensuit alors une explication musclée, au cours de laquelle Mayweather va jusqu’à mettre un petit coup d’épaule à son futur opposant sur le ring. La tension n’en finit plus de grimper. Sifflé de plus belle par les spectateurs, le boxeur comptant 49 victoires en carrière continue de provoquer “C’est ça que j’aime, continuez, vous mettez juste de la thune sur mon compte en banque.” Pendant ce temps, sur la scène, les clans des deux combattants prolongent la confrontation davantage verbale que physique, transformant cette conférence de presse en un joyeux bordel. Mais au coeur de l’action c’est bien “Money” Mayweather qui domine l’échange et il semble s’en amuser. Sans surprise, les deux hommes se quittent sur un dernier face à face au cours duquel les insultes pleuvent.

La Barclays Arena se vide alors aussi vite qu’elle s’était remplie, déversant dans les rues de Brooklyn des centaines de fans de McGregor chantant des odes à la gloire de leur champion. Un peu moins convaincant que lors des deux premières dates de cette épuisante tournée médiatique, McGregor se reposerait-il en prévision de la conférence de Londres où des milliers de fans irlandais sont attendus ? On est en droit d’en douter, tant il était ce soir chez lui dans la Grosse Pomme. McGregor prend peut-être simplement conscience de la complexité de l’odyssée à laquelle il a décidé de prendre part. Jamais dans l’histoire du sport un combat n’a été autant espéré, attendu, teasé. Comme les autres métropoles ayant reçu les gigantesques show de ces derniers jours, New York l’a bien compris. C’est pour cela que pour une fois, elle autorisera les yeux du monde à se braquer vers une autre ville le 26 août prochain, sans aucune once de jalousie.

Crédit photos : Julien Perocheau pour Views

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