Gros plan sur la grande messe de la musique, de la mode et des people à trois jours du début de son édition 2017.

Chaque année c’est la même chose. Votre fil Instagram se remplit de clichés de célébrités, it-girls et autres mannequins aux looks bohèmes. Les couronnes de fleurs se marient aux robes longues ou aux shorts en jean. Mojito à la main, les célébrités et les influenceurs du monde entier se donnent rendez-vous dans le désert d’Indio le temps de deux week-ends par an. Nous sommes bien à Coachella, le festival le plus branché au monde.

Ayant depuis longtemps dépassé le simple cadre de la musique, le Coachella Valley Music and Arts Festival est un devenu incontournable pour qui veut se montrer, renforcer sa popularité online ou encore vivre un semblant d’expérience hippie à la sauce 21ème siècle. Pour comprendre l’engouement suscité par Coachella, nous vous proposons de revenir sur son histoire démarrée il y a 18 ans.

Des débuts difficiles

En 1993, Pearl Jam se produit en plein désert californien, à l’Empire Polo Club. Tombé sous le charme du lieu, Paul Tollett, boss de Goldevoice, l’un des poids lourds de l’organisation de concerts et de festivals aux Etats-Unis, se met alors en tête d’organiser un festival dans cet endroit aussi reculé que dépaysant. “Le coucher de soleil et l’atmosphère de Coachella marquent à tout jamais” déclarera-t-il pour expliquer son choix.

La première édition du festival a lieu en 1999 et se solde par un échec malgré un line-up alléchant (Beck, Chemical Brothers et Rage Against The Machine entre autres). La fréquentation totale fut de 37 000 personnes sur deux jours, mais Goldenvoice en attendait le double, au minimum. L’interdiction d’installer un camping dans le désert d’Indio fait énormément de mal au festival. La société de promotion perd 850 000 dollars et la confiance des actionnaires envers le projet de Tollett est sévèrement entamée.

Coachella reviendra deux ans plus tard, l’édition 2000 n’ayant pas eu lieu faute de financement. Tollett vend Goldenvoice à AEG, le géant mondial de l’organisation d’événements en tout genre (notamment propriétaire du Staples Center, des O2 Arena en Grande-Bretagne et du championnat américain de football). L’entreprise investit des millions dans Coachella et fait décoller la popularité du festival. Le phénomène est lancé.

Une formule gagnante

La puissance financière de Coachella lui permet d’attirer de belles têtes d’affiche dès ses débuts. Globalement indie rock dans un premier temps, la programmation du festival a su se diversifier au fil des années afin d’offrir le maximum d’expériences possibles à ses fans. L’ouverture progressive vers le hip-hop et l’électro a grandement participé à son avénement. En mêlant habilement les pépites indie et les grosses pointures internationales, l’événement a trouvé son équilibre. Car malgré ses nombreux à côtés, la capacité de Coachella à constituer des line-up éclectiques, à la fois pointus et grand public, reste son argument de vente principal.

Toujours sur le plan musical, le festival californien a prouvé au fil des années son aptitude à être l’endroit où tout se passe. Que ce soit avec le retour sur scène de Daft Punk en 2006, l’hologramme de Tupac présent sur scène avec Snoop Dogg et Dr. Dre en 2012 ou encore la réunion des Guns N’ Roses en 2016, Coachella est l’endroit favori des mastodontes de la musique pour faire le buzz. C’est dans le désert d’Indio, bien plus qu’ailleurs, que les artistes bénéficient de la plus grosse exposition médiatique pour faire parler d’eux.

Enfin, Coachella ne serait pas Coachella sans son public. Le gratin hollywoodien se mêle aux branchés venus des quatre coins du pays et contribue à créer l’aura inégalée du festival. Chaque édition du festival a droit à ses buzz de célébrités, dont les looks et les agissements sont épiés, analysés et relayés par les centaines de paparazzis présents pour couvrir l’événement. De par sa proximité avec Los Angeles, Coachella dispose de l’emplacement rêvé pour attirer du beau monde. On y vient écouter de la musique, mais surtout se montrer. Et ça marche. Le public hype du festival fait rêver des millions de followers à travers le monde.

Le nouveau Woodstock n’en est pas un

Sous ses airs de résurgence hippie, Coachella est néanmoins bien éloignée des idéaux qui faisaient vivre le mythique festival de Woodstock. Les gestes et les attitudes des festivaliers sont réfléchis et travaillés, tandis que les outfits arborés riment souvent avec haute-couture. Coachella serait donc un Woodstock 2.0, libéral et non libertaire, une parenthèse faussement décontractée, typique de l’ère où l’image renvoyée sur les réseaux sociaux est primordiale.

Les récentes collections Coachella x H&M vont dans ce sens. En associant son image à l’une des plus grandes enseignes de prêt à porter au monde, le festival californien assume complètement qu’il est devenu une marque à part entière.

N’oublions pas non plus que pour vivre l’expérience Coachella, il faut y mettre le prix. Entre 375 et 450 dollars pour le week-end en admission générale, plus de 800 pour être avec les VIP. L’hébergement et les frais de bouche ne sont évidemment pas inclus.

Malgré tout, Coachella continue et continuera de renvoyer une image glamour et idyllique grâce au formidable imaginaire qu’il a développé dans la conscience collective. Définition même du cool et du fantasme à un retour du peace and love, le festival créé par Paul Tollett a su dépasser les frontières de la musique pour devenir un événement global affolant les réseaux sociaux.

Allez, on se prépare à liker.

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