Le pivot français est plus que jamais dans la course.

A l’instar de nombreux fans et observateurs, Rudy Gobert a très certaiment a une petite idée derrière la tête pour la fin de saison : “Bien sûr que j’y crois. Mais ce n’est pas une fin en soi. L’important c’est l’équipe”. Ce discours polissé de coéquipier modèle ne doit pas masquer ce qui s’impose semaines après semaines comme une évidence. L’international français fait figure de favori dans la course à l’élection du Defensive Player of the Year.

Clé de voûte de l’une des meilleures défense de la ligue (96,5 points encaissés par match en moyenne), le pivot français du Jazz présente des statistiques personnelles ahurissantes (12,9 rebonds et 2,6 contres par match). C’est simple, Gobert est l’un des défenseurs les plus dominants de la ligue cette saison, confirmant les très belles promesses entrevues lors des saisons précédentes.

Actuellement quatrième meilleur rebondeur et meilleur contreur de la NBA, Gobzilla met très régulièrement les plus grosses stars de la ligue dans sa poche. Et ce qui impressionne par dessus tout est l’ascendant psychologique qu’a désormais la Stifle Tower sur ses adversaires. Gobert est redouté de tous, tant il paraît infranchissable. L’ancien joueur de Cholet donne l’impression de couvrir toutes les zones, tout le temps.

En progrès constant depuis son arrivée à Salt Lake City en 2013, Rudy a franchi un véritable cap cette saison. Quin Snyder, son coach au Jazz, est récemment revenu sur la progression du jeu du français, en insistant sur tout le travail effectué par le pivot en dehors des parquets : “Après chaque match il regarde et étudie le film de sa rencontre avec Alex Jensen (entraîneur adjoint du Jazz). Il apprend ensuite ce qu’il a noté. Il est très attaché à ce travail d’observation. Ce qui est génial avec Rudy c’est qu’il assimile très vite les choses. Il identifie directement le problème et bosse dessus comme un dingue. C’est un joueur affamé”.

Encore plus dominant qu’avant défensivement, Gobert a fait de gros progrès sur le plan offensif, où il contribue désormais beaucoup plus au scoring de son équipe. Les chiffres parlent pour lui : Il tourne à 13,8 points de moyenne par match contre 9,1 la saison dernière. En se montrant plus impliqué et plus décisif lors des séquences offensives, le natif de Saint-Quentin a ajouté une corde non négligeable à son arc. Le très bon bilan du Jazz (46-29) va permettre à la franchise de l’Utah d’accéder aux playoffs, les premiers que jouera Gobert depuis son arrivée en NBA. Une juste récompense pour le pivot qui porte les espoirs de la franchise sur ses épaules.

En construisant son système défensif autour de Gobert, Quin Snyder a réussi à dégoûter les meilleures attaques de la ligue. Et vous savez ce que dit l’adage. Une attaque fait gagner des matchs, une défense fait gagner des titres. Bien plus que le médiatique Gordon Hayward, Rudy Gobert est le véritable facteur X du Jazz, l’élément indispensable pour guider une équipe lors des play-offs. A 24 ans, le pivot aux 2 mètres 36 d’envergure pourrait porter sa franchise très haut, et ce dès cette saison.

Concernant le titre de Defensive Player of the Year, les rivaux de Gobert sont connus. Kawhi Leonard, double tenant du titre, et Draymond Green font également figure de favoris. Très honnêtement, le sacre de l’un des deux joueurs précédemment cité n’aurait rien de vraiment choquant. La très belle constance de Leonard et les nombreuses performances stratosphériques de Green méritent bien évidemment d’être saluées. Cependant, peut-on vraiment dire qu’ils portent leurs défenses comme le fait Gobert dans l’Utah ?

Kawhi a beau détenir une très belle feuille de stats, il ne dégage pas la même sensation de domination écrasante de Gobert. Son rôle majeur des cotés du terrain n’y est évidemment pas pour rien. Green, de son côté, multiplie les performances défensives impressionnantes, mais ses chiffres demeurent légèrement inférieurs à ceux de ses rivaux. Enfin et surtout, Kawhi et Green évoluent dans les deux meilleures défenses de la ligue. Loin de nous l’idée de dévaluer leur fantastique apport, il s’agit simplement de reconnaître que ni l’un ni l’autre ne se montre aussi décisif pour son équipe que Gobert avec le Jazz.

Boudé lors des votes du All Star Game, le pivot français a certainement soif de revanche. Gobert avait twitté “Hâte d’être à la saison prochaine” quelques minutes après le sacre de Kawhi la saison dernière. Et force est de constater qu’onze mois plus tard, le français n’a jamais paru aussi bien placé pour remporter cette prestigieuse distinction individuelle. On y croit.

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