Hot Take – Les avis polémiques

“2017 c’est l’année d’adidas, c’est sûr.” Qui n’a jamais entendu cette phrase prononcée par un ami ou une connaissance ? NON, ce n’est toujours pas cette année que la firme allemande devancera son éternel adversaire. On vous en donne la preuve par 5.

La prestance

Il sera ici uniquement question de sneakers. Produit majeur des deux marques, la chaussure de sport reflète parfaitement leur stratégie et est un outil d’analyse on ne peut plus intéressant pour tenter de les opposer. En ce qui concerne l’espace occupé par adidas, le constat est sans appel : les allemands défoncent d’un grand coup de pied chaque porte laissée entre-ouverte par leur rival. La Yeezy se vend mieux que n’importe quelle Air Max ? “Kanye, vite, prépares-en trois autres!”, voilà l’idée. Et il faut que ça prenne de la place, que ça fasse du bruit, peu importe les moyens utilisés. On a à peine commencé à mâcher qu’adidas nous en remet plein la bouche et au final, on a presque envie de tout recracher. De son côté, Nike nous fait sa lap dance habituelle, annonçant avec délicatesse les quelques modèles phares qui arriveront, mais pas tout de suite. Et oui, il faut attendre pour peut-être les acquérir, car c’est toujours meilleur quand c’est difficile à obtenir. Avez-vous entendu parler d’adidas au cours des 25 derniers jours ? Pas nous, tant les 5 sorties principales de la marque à la virgule ont fait parler d’elles, sans le moindre effort…

Une année historique pour Nike

Vous pensiez vraiment que Nike allait se laisser voler la vedette pour les 30 ans de leur technologie Air ? Même si ce mois de mars en a laissé quelques uns sur leur faim, leur manière de redistribuer leurs paires fétiches était loin d’être catastrophique. Des quantités très limitées et inaccessibles aux bots pour les quatre Air Max One, de quoi conserver le caractère exclusif de celles-ci tout en laissant de larges chances aux acheteurs les plus affamés de les acquérir. Pour les moins initiés, un modèle Ultra de la AM1 tout de même très sympathique et facile à ajouter à son panier. Enfin, la grande nouveauté de l’année avec l’arrivée de la VaporMax, évolution de la Air Max, que Nike a produite en quantités largement suffisantes pour cette grande première. Ni trop, ni pas assez, c’est ce qu’on appelle trouver un juste milieu.

Le Boost

Début 2015 sortait la première Ultra Boost. Révolutionnaire, elle faisait alors presque l’unanimité et les premiers modèles affichaient tous sold out très rapidement. Si ça fonctionne, pourquoi se priver ? Démarre ainsi la production de millions de semelles à l’aspect sagex. Dans la foulée, on retrouve ces semelles sur les Yeezy, NMD, EQT et même sur la Stan Smith. Là encore, sans parler d’exclusivité ou de rareté, on aurait pu attribuer une certaine crédibilité à ces modèles si ces derniers n’avaient pas été dérivés en plusieurs centaines de formes et de coloris. Nous aurions aimé vous donner un exemple, comme le nombre incalculable de NMD sorties en l’espace de 12 mois, mais il est malheureusement probable qu’un nouveau modèle sortirait avant même que nous ayons eu le temps de compter. Le client frise l’overdose et on arrive a se demander si adidas ne fait pas un petit complexe d’infériorité envers l’Air de Nike… presque 30 ans plus tard.

Les collaborations

En 2017, Nike aura collaboré avec Stone Island, Acronym, Vlone et Off White. Le caractère particulier des deux premières peut être discuté, car destinées plutôt à un public avide de baskets (très) originales. Il n’en demeure pas moins que celles-ci, dans l’attente d’une probable collaboration avec Supreme, font incontestablement partie des marques les plus convoitées du moment. Un avertissement déjà puissant en à peine 4 mois. Lorsque de son côté Adidas peine à bien terminer ce premier trimestre. Plus souvent alliés à des boutiques qu’à des grandes enseignes du streetwear, les allemands ne parviennent pas à retrouver la formule magique utilisée sur les premières Ultra Boost (Solebox, Hypebeast, SNS, etc…). Que dire encore de l’annonce faite par adidas quelques jours seulement après le passage en 2017, recensant en une longue liste les 24 boutiques à collaborer avec eux jusqu’en décembre ? Victimes du succès de leurs collaborations de l’exercice précédent, leur façon de nous balancer toutes ces informations à la figure est digne de l’impatience d’un enfant lors du repas de Noël, ne pouvant pas attendre le dessert pour ouvrir ses cadeaux. Heureusement, Papa Kanye est là et il offre à adidas la possibilité de ne pas dériver complètement dans le game de la collab.

La diversité

Vous l’aurez compris depuis longtemps déjà, le géant américain maitrise parfaitement l’art du jeu sur plusieurs tableaux et l’a prouvé encore dernièrement. Entre les diverses general releases, Nike s’applique à proposer des sorties de qualité, que cela soit dans un esprit très avant-gardiste (NikeMag, HyperAdapt, Presto Acronym ou encore VaporMax), ou plutôt classique, revisitant les silhouettes qui faisaient leur succès plusieurs décennies en arrière. Concernant ces dernières, on note également l’importance accordée à la demande de leurs clients. Avant le récent VoteForward proposant des modèles inédits, c’était aussi au travers d’un vote que la Atmos Elephant avait repris le chemin des usines. Ajoutez à cela la forte demande de la 97 que Nike avait parfaitement anticipé et vous obtiendrez une parfaite harmonie inter-générationnelle. Cette même harmonie qu’adidas tente tant bien que mal de maîtriser. Entre rééditions de Stan Smith et nouvelle vie donnée à leur gamme EQT, l’intention est mesurable et les résultats souvent plaisants. Force est de constater cependant que malgré tous leurs efforts, ces derniers ne parviendront peut-être jamais à faire saliver les sneakersaddict comme Nike le fait et ça, c’est peut-être inexplicable.


Cet article est une “Hot Take”, une prise de position polémique visant à susciter le débat sur la question qu’il soulève. Les propos tenus dans cet article n’engagent que leur auteur et ne sauraient en aucun cas être tenus pour ceux de Views. 

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