Hot takes – Les avis polémiques

Incontestable marque numéro 1 du vêtement skatewear, streetwear et accessoires, Supreme est depuis quelques années pris dans une spirale médiatique, sans cesse alimentée par les réseaux sociaux. Cela ne semble pas prêt de s’arrêter, même si leur ligne artistique suscite de plus en plus de critiques.

La mode est souvent considérée comme un art, duquel devraient découler des idées et possibilités de créations infinies. Pourtant, l’association d’une certaine identité à une marque pourrait suffire à limiter ces créations. C’est le cas de Supreme, dont l’explosion de l’intérêt généré et des ventes s’est faite bien plus tard en Europe et en France, que dans d’autres pays, États-Unis et Japon en tête. Alors que la publication du lookbook de la collection SS17 en février dernier avait provoqué des réactions plus que mitigées, on se questionnait quant aux capacités de la marque new yorkaise à innover et combler ses fans. Pour y répondre, une simple analyse du drop du jeudi 23 mars, suffirait à nous donner quelques explications.

Le design

À ce niveau, on reste très proche de l’accueil réservé à la collection printemps/été par l’importante communauté très impliquée sur tout ce qui concerne de près ou de loin la marque. Des accessoires cool (minibike, gun à billets, etc), mais une vraie déception quant à la ligne textile. A quoi est-ce dû? Certainement pas au manque d’originalité, car la diversité de produits, coloris et motifs ne manque pas. En effet, bien que ces derniers soient systématiquement écoulés en séries limitées, les différents articles à sortir chaque jeudi sont (trop?) nombreux et ce depuis plus de 20 ans. Résultat, Supreme ne se différencie à ce niveau-là pas des autres grandes marques, tant leur gamme de casquettes, t-shirts et autres hoodies à être sortis est désormais large. Heureusement, il leur reste le Box Logo, la seule véritable institution à ne pas s’être vue dérivée à outrance. Pendant que les Classic Logo ou même les Motion Logo voient d’année en année leur image se dégrader au fil de leurs réutilisations, le “Bogo” conserve toute sa superbe, car bien qu’utilisé à petite dose chaque saison pour réalimenter l’engouement de la marque, ce dernier reste simple et particulièrement enclin aux  modifications qu’on lui fait subir encore aujourd’hui. De grandes enseignes s’y sont immiscées dans le cadre de collaborations, qui nous rappellent son importance dans la stratégie de la marque.

Les collaborations

Là aussi, la question du rapport quantité/qualité est discutable. Certaines associations à succès refont surface quasiment chaque saison. Évidemment, les partenariats avec les plus grands que sont The North Face, CDG ou Nike demandent un certain intervalle entre les sorties, sans quoi celles-ci s’essouffleraient. Pour pallier à l’attente des clients, Supreme travaille par conséquent avec de plus petits labels et designers. Force est de constater toutefois que ce sont eux, parfois très talentueux, qui font les frais de la surcharge de collaborations proposées par le géant new-yorkais et suffoquent tout doucement. Pas bête, Supreme semble en être conscient et s’applique à faire taire les sceptiques, en suivant les envies sans cesse changeantes des fashionistas de la rue. Undercover il y a deux ans, Lacoste plus récemment et bientôt Louis Vuitton, tout ce qu’il faut pour créer l’hystérie, celle-là même qui leur permet de vendre le énième t-shirt à la typographie pas très sexy sur une base orange…

Le drop de jeudi dernier

Un drop en l’absence d’une pièce qui met tout le monde d’accord, c’était déjà arrivé. Quoique, on avait pour habitude de faiblir le mercredi pour un item en particulier lorsque les premières images tombaient. Seulement 5 semaines depuis le début de la saison, mais déjà plusieurs désillusions quant aux futurs articles que l’on verra fièrement arborés dans les rues des mégapoles. Pourtant, la fièvre ne diminue pas, toujours des heures d’attente devant les shops et quelques secondes en ligne pour vite, très vite confirmer sa commande. Jeudi dernier, quelques rares modèles sont pourtant restés disponibles plusieurs minutes, dont les produits d’une certaine collaboration avec le designer Mike Hill. Chose courante il y a encore une année, cela n’était plus arrivé au cours des six derniers mois. Un maigre signe de déclin? Certains commencent-ils à s’ennuyer, ou vivent-ils simplement mal la démocratisation de la marque, en particulier en France? Difficile de prédire dans quelle position se trouvera Supreme dans 2 ou 3 ans, tant le label de Jebbia semble aujourd’hui proche de son apogée.

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