Au lendemain des 3h30 de débat entre les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle, il est temps de tirer quelques enseignements.

Une discrétion (presque) générale sur les affaires

A l’exception de l’interventions d’ores et déjà culte de Jean-Luc Mélenchon sur la “pudeur de gazelle” des journalistes de TF1 et la jolie pique de Benoît Hamon sur les soupçons pesant sur François Fillon, “Vous, c’est 500 000 fonctionnaires en moins. Vous êtes très fort en soustraction, un peu moins en addition quand il s’agit de votre propre argent”, les candidats de la droite n’ont pas vraiment été attaqués par leurs adversaires sur les récents scandales qui ont secoué la campagne. Signe de ce silence unanime, le terme “mise en examen” n’a pas été prononcé une seule fois hier soir.

La très grande forme de Jean-Luc Mélenchon

Ce n’était un secret pour personne, le candidat de La France Insoumise est un orateur excellent, amateur de bonnes formules et de punchlines dévastatrices. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Mélenchon a fait honneur à sa réputation de tribun. C’est lui qui a “dynamité” le débat après une première demi-heure pour le moins somnifère. Alternant les attaques à l’encontre de tous ses adversaires, Mélenchon s’est fait une joie de remettre plusieurs fois Marine Le Pen à sa place. Jugé deuxième candidat le plus convaincant par un sondage Elabe pour BFM TV, le candidat d’extrême gauche a assurément marqué des points ce lundi. Il s’impose de plus en plus comme le candidat dominateur à gauche.

L’absence de Fillon en première partie

Que s’est-il passé lors de la première heure pour François Fillon ? Absent des débats, sans mauvais jeu de mot, le candidat Républicain a paru plus marqué et affaibli que jamais. Il s’est bien réveillé lors du deuxième volet où on l’a senti soulagé d’avoir été épargné par ses concurrents sur sa mise en examen. Alors qu’il est en recul dans les sondages, beaucoup d’observateurs s’attendaient à voir un Fillon beaucoup plus porté sur l’offensive. Le candidat qui s’était révélé lors des débats de la primaire de droite n’était que l’ombre de lui-même hier soir. Et les révélations du Canard Enchaîné qui paraîtra demain ne vont rien arranger.

Macron en demi-teinte

Comme d’habitude, Emmanuel Macron divise. Candidat numéro un des recherches Google de la soirée et élu participant le plus convaincant par les téléspectateurs selon Elabe pour BFM TV et Opinion Way pour Le Point, le fondateur d’En Marche a été critiqué par ses détracteurs, lui reprochant une trop grande complaisance avec la plupart des ses adversaires. Les réseaux sociaux se sont régalés de ses regards enflammés en direction de Jean Luc Mélenchon et sur ses belles offensives à l’encontre de Marine Le Pen. Droit dans ses bottes et sans prendre de risque, le rookie Macron a plutôt bien géré son premier débat d’envergure.

Des thématiques importantes passées sous silence

Après plus de 3h30 d’émission, la fatigue se faisait sentir chez tous les participants. Classiquement découpé en trois grandes thématiques, la société, l’économie et l’international, le débat timidement modéré par le duo Bouleau-Coudray a pourtant laissé bon nombre de sujets de côté. On pense notamment à la culture, au logement, à la transition numérique, au handicap ou encore aux finances publiques. Pas facile de tout aborder mais néanmoins dommageable.

On a un peu peur pour le débat à 11 participants

Comme le faisait remarquer avec humour Le Monde, Gilles Bouleau a fait sa plus longue intervention de la soirée pour annoncer les épisodes de New York, Unité Spéciale. Le duo de TF1 n’a pas spécialement brillé de par sa capacité à gérer un débat aussi long, et la perspective de voir les 11 candidats s’affronter le 4 avril prochain sur BFM TV n’est pas pour nous rassurer. Quel format va choisir la chaîne d’information ? Comment réussir à rendre intelligible les discussions entre tous les participants ? Réponse dans deux semaines.

 

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