Retour sur l’impossible quête du football français.

“Un seul être vous manque et tout est dépeuplé”. L’adage d’Alphonse de Lamartine ne s’est rarement aussi bien appliqué qu’à la décrépitude qui a suivi la fin du règne de Zidane en équipe de France. Revenu en sauveur de la nation pour mener les Bleus en finale du mondial 2006, au cours duquel il réalisera le meilleur match de sa carrière, ZZ a laissé derrière lui un énorme vide. Mais la France lui cherchait déjà un successeur depuis bien longtemps. Les fiascos de 2008 et de 2010 mettent un violent coup sur la tête, tandis que l’échec de l’Euro 2012 confirme que la génération 87 des Ménez et Nasri ne portera jamais l’Equipe de France. Le constat est clair et net : Personne ne remplacera Zidane. Pourtant, les candidats encensés par la presse et les supporters n’ont pas manqué.

Johan Micoud

Pourquoi ça aurait pu marché : Formé à l’AS Cannes avant de partir à Bordeaux, le début de carrière de Micoud est identique à celui Zidane. Il signe chez les Girondins en 1996, l’année où Zidane part pour la Juventus. Il explose du côté de Chaband-Delmas, distillant de nombreux caviars à Laslandes, Papin ou encore Wiltord. Joueur élégant et extrêmement intelligent, Micoud a laissé de très bons souvenirs du côté de Chaband-Delmas, ainsi qu’au Werder Brême où il a joué cinq ans, remportant même la Bundesliga 2004.

Pourquoi ça n’a pas marché : Seulement plus jeune que Zidane d’une année, Johan Micoud aura vécu sa carrière internationale dans l’ombre du maître. Remplaçant lors de l’Euro 2000, il passera totalement au travers de la Coupe du Monde 2002. Son passage en Italie du côté de Parme sera raté, là où Zidane avait tout renversé à la Juventus. Pas assez talentueux ni costaud mentalement pour être l’héritier du numéro 10, Micoud aura tout de même réalisé une belle carrière.

Ce qu’il fait maintenant : Président de l’AS Cannes, producteur de vins, créateur du label Virage Tracks et consultant sur L’équipe 21.

Camel Meriem

Pourquoi ça aurait pu marché : Meneur de jeu d’origine kabyle au tempérament réservé, il rejoint Bordeaux après avoir impressionné lors de ses débuts à Sochaux. C’est donc tout naturellement que Camel Meriem est catalogué comme le “nouveau Zidane”. Techniquement très habile, Meriem fait souvent briller par ses coéquipiers grâce à sa vision du jeu impressionnante. Malheureusement pour lui, ses éclairs de génie seront trop intermittents.

Pourquoi ça n’a pas marché : Meriem ne parvient jamais à stabiliser son niveau de jeu, alternant entre le plutôt bon et le franchement mauvais. Sa seule saison vraiment aboutie le verra aller en finale de la coupe de l’UEFA avec l’OM en 2003-2004. La suite ? Un retour raté à Bordeaux, un interminable fiasco à Monaco avant des piges insipides à Arles-Avignon, Nice, Aris Salonique et à l’Apollon Limassol. Avec seulement trois sélections en Bleus, Meriem n’a en rien marqué l’histoire du maillot tricolore.

Ce qu’il fait maintenant : Il évolue au sein de l’équipe 3 de Monaco en DHR, aux côtés de Gaël Givet et de Ludovic Giuly.

Mourad Meghni

Pourquoi ça aurait pu marché : Algérien d’origine, très doué techniquement, évoluant en Serie A : une fois de plus, les arguments sont là. Meghni se révèle à Bologne où ses débuts tonitruants impressionnent les observateurs du Calcio. Virevoltant, capable de dribbler les meilleurs défenseurs, Meghni aime faire le show et soulever les foules.

Pourquoi ça n’a pas marché : Mis sur un piédestal après avoir été sacré champion du monde U17 aux côtés de Florent Sinama-Pongolle et Anthony Le Tallec, Meghni est lui aussi parti trop tôt à l’étranger. Il connaîtra une carrière sans saveur en Italie, à Bologne donc, puis à la Lazio Rome. Son expérience française du côté de Sochaux en 2005 sera quand à elle extrêmement décevante. Il choisira finalement de jouer pour l’Algérie (9 sélections) et disputera trois saisons au Qatar, qu’il rejoint à seulement 27 ans.

Ce qu’il fait maintenant : Il évolue désormais au CS Constantine, en première division algérienne.

Samir Nasri

Pourquoi ça aurait pu marché : Marseillais d’origine algérienne, les racines de Samir Nasri collent parfaitement à celle de Zizou. Contrairement à Yazid, Nasri portera la tunique phocéenne avant de s’envoler pour l’Angleterre. Il brillera à Arsenal avant d’aller quelque peu s’éteindre à Manchester City. Capable de fulgurances extraordinaires, Nasri est l’un des  joueurs les plus talentueux de cette liste. Créateur brillant et technicien hors-pair, le gamin de Septèmes-le-Vallon est capable du meilleur comme du pire sur un terrain.

Pourquoi ça n’a pas marché : Au moment d’évoquer Samir Nasri, difficile de ne pas ressentir une sensation d’immense gâchis. Bien que pétri de talent, le meneur de jeu a plus marqué les esprits de par son mauvais comportement, notamment sous le maillot frappé du coq. Entre son clash avec Gallas lors de l’Euro 2008 et ses frictions avec la presse lors de l’Euro 2012, Nasri a usé tout son crédit en équipe de France. Il a aujourd’hui pris sa retraite internationale.

Ce qu’il fait maintenant : Prêté par Manchester City, Nasri est en pleine renaissance du côté de Séville sous les ordres du génial Jorge Sampaoli.

Yoann Gourcuff

Pourquoi ça aurait pu marché : Qui a oublié la spectaculaire une du journal l’Equipe, titrant “Le Successeur” ? Yoyo explose à Bordeaux après être passé par Rennes et le Milan AC. Il conduit les girondins au titre de champion de France en 2008, formant un duo d’attaque inarrêtable avec Marouane Chamakh. Destiné à être le chef d’orchestre d’une équipe de France en plein marasme, Gourcuff avait pour mission d’endosser le rôle de sauveur de la patrie. Sa gestuelle balle au pied et sa classe folle rappellent à tous le mythique numéro 10 des Bleus.

Pourquoi ça n’a pas marché : Tout aussi fragile physiquement que psychologiquement, Yoann Gourcuff n’a jamais réussi à confirmer son incroyable potentiel. Sa timidité presque maladive aura eu raison de lui dans le bourbier de Knysna, tandis que la répétition de blessures de très longues durées a pourri la suite de sa carrière de joueur. Gourcuff était un diamant brut sans aucun doute trop délicat pour l’exigence que requiert le très haut niveau.

Ce qu’il fait maintenant : Il tente d’enchaîner les matchs au Stade Rennais.

Marvin Martin

Pourquoi ça aurait pu marché : Comme Zidane, Martin inscrit un doublé lors de sa première sélections sous le maillot tricolore. Deux buts face à l’Ukraine après être entré en jeu et voilà que Marvin Martin est propulsé sur le devant de la scène. Troisième meilleur passeur européen lors de la saison 2010/2011, le sochalien impressionne l’hexagone. Il sera transféré au LOSC en 2012 et les galères commenceront.

Pourquoi ça n’a pas marché : Trop régulièrement blessé, Martin n’a jamais réussi à s’imposer nul part, que ce soit à Lille ou en équipe de France. Appelé pour l’Euro 2012 par Laurent Blanc, il assistera à la compétition depuis le banc. Désormais âgé de 29 ans, Marvin Martin compte 15 sélections chez les Bleus. Et on ne prend pas de risque en avançant qu’il n’y remettra jamais les pieds.

Ce qu’il fait maintenant : Prêté à Dijon pour se relancer, il n’a pour l’instant disputé que cinq matchs toutes compétitions confondues cette saison.

Ils auraient pu figurer dans cette liste : Hatem Ben Arfa, Jérémy Ménez, Anthony Le Tallec, Gaël Kakuta, Adel Taarabt…

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