Pierre-Emmanuel Barré est un humoriste français basé à Paris, que vous pouvez retrouver tous les mercredis sur France Inter. Passé par Canal+ et sa Nouvelle Édition période Ali Baddou, il joue actuellement dans toute la France son nouveau spectacle intitulé en toute sobriété “Nouveau Spectacle”.  Quelques questions-réponses avec le mec à l’humour le plus crade et trash de France.

Merci de nous accorder cette interview ! Aurais-tu un mot à dire en préambule, une pensée à partager avec nos lecteurs ?

Pierre-Emmanuel Barré : Oui, je voudrais leur dire qu’il est encore temps de ne pas lire cette interview et de mettre à profit le temps gagné pour tenter de trouver un partenaire sexuel. Je suis sûr qu’ils passeront un meilleur moment.

Peux-tu nous parler un peu de ton parcours ?

J’ai pris l’A4 direction Paris jusqu’à la porte de Bercy, et j’ai continué vers République, puis les grands boulevards jusqu’à porte de Saint Denis, et je suis arrivé à mon bureau pour vous répondre par mail.

J’ai choisi un bureau près de la rue Saint Denis à cause des nombreux café pour travailler au calme, des nombreux événements culturels et des prostituées maliennes qui sont les moins chères d’Europe.

Comment se déroule ton processus d’écriture ?

Je travaille avec un ami, Arsen. Le processus d’écriture est simple, on s’assied, on boit des bières en insultant les gens qu’on aime pas, on écrit les meilleures insultes sur une feuille, et ensuite, entre chaque insulte, on met une blague.

Avais-tu la même liberté d’écriture sur Canal + que celle que tu as sur France Inter ?

Oui, mais sur Canal, j’étais systématiquement relu. C’est arrivé qu’on me demande d’enlever des phrases, ou des noms, mais je suis particulièrement têtu et il faut se lever tôt pour me faire enlever une phrase.

Je suis très mauvais en compromission.

Comment vendrais-tu ton nouveau spectacle au public ?

En toute modestie, je l’aime bien, il a été beaucoup travaillé, il y a de l’actualité et de la bite. C’est un spectacle d’actuali-bite, en quelque sorte.

Les gens sortent d’autant plus contents qu’on fait des promos incroyables. Cette semaine, c’est une place achetée, une place offerte sur simple présentation d’un sac contenant un organe vital appartenant à Robert Ménard. Et la semaine prochaine, on offre carrément la place si vous êtes Robert Ménard et que vous vous présentez dans un sac plastique

La tête que tu tires quand tu fais un spectacle d’actuali-bite (Photo: Eric Canto)

Quel est le compagnon idéal pour aller voir ton spectacle ? Son conjoint, ses parents, son patron ?

Le mieux, c’est une personne sans conjoint, avec qui vous êtes susceptibles de faire l’amour après, histoire de rattraper la soirée.

Dans le Nord, il y a beaucoup de familles.

Dans ton précédent one-man, tu évoquais le quotidien de l’ethnie tutsi avec finesse. As-tu décidé de t’intéresser à un autre peuple pour ce nouveau spectacle ?

Oui, je me suis penché sur le peuple français, qui en chie bien aussi en ce moment.

C’est moins flagrant physiquement, mais en période électorale, on se fait enculer tellement profondément qu’il vont finir par trouver du pétrole dans nos culs.

Il y a-t-il un sketch ou une chronique dont tu es le plus « fier », que tu juges le/la plus aboutie?

J’aime beaucoup ma chronique sur ebola, que j’avais fait à la nouvelle édition à Canal Plus, c’était illustré par des petites figurines, depuis, les marionnettes c’est ma passion.

Malheureusement, ça passe moins bien à la radio…

Peux-tu nous raconter ta pire expérience sur scène ?

J’ai fait la première de mon deuxième spectacle avec une intoxication alimentaire terrible, je pouvais pas bouger, j’étais entre le blanc et le vert, j’étais blert.

A la moitié, j’ai du quitter la scène pour vomir dans la cour du théâtre, je suis revenu sur scène avec des chaussures tachetés. Pendant toute la représentation, j’essayais de faire comprendre à mon metteur en scène qui était en coulisses qu’il fallait qu’il aille jeter un seau d’eau avant que les gens sortent.

Je crois que je suis assez loin dans le game de la représentation ratée.

“Tu te souviens le coup où j’avais vomi devant la salle de spectacle ?” (Photo : Ingrid Mareski)

Ta vision de la politique et des politiciens est-elle aussi sombre que tes sketchs le laissent penser ?

Oui. Incontestablement.

Après, je sais bien qu’ils sont pas tous pourris, mais moi, si je vais bouffer dans 29 kebabs différents et que j’ai la chiasse à chaque fois, eh ben même si c’est Joël Robuchon qui fait les sandwichs dans le trentième, je préfère aller bouffer une pizza à coté.

Un pronostic pour la présidentielle ?

Je suis sûr à 100% que ce sera un gros fils de pute à la tête du pays. Après, je peux pas te dire le prénom…

Entre nous, est-ce que tu préfères aller faire deux heures de promo sur un prime de Touche Pas à Mon Poste ou bien dîner chez Emmanuel et Brigitte Macron ?

Je préfère aller dîner chez Macron. Comme ça, je saurai où il habite.

Vous pouvez retrouver Pierre-Emmanuel Barré sur Facebook et sur Twitter.

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