Les Gunners viennent de se faire éliminer en huitième de finale de Ligue des Champions pour la septième année consécutive.

Atomisé, démoli, détruit, humilié. Peu importe le terme que l’on choisira d’employer, la réalité restera la même. Arsenal a perdu sa double confrontation face au Bayern Munich sur un score cumulé 10 à 2. Un 5-1 en Bavière puis un autre à la maison, et voilà que les londoniens disent une nouvelle fois au revoir à la coupe d’Europe. Mais cette humiliation retentissante et le climat actuel dans lequel baignent les Gunners soulèvent encore plus de questions. Alors qu’Arsène Wenger est de plus en plus contesté par les supporters, que le meilleur joueur du club est ostracisé par le reste du vestiaire et que les canonniers se dirigent vers une nouvelle saison sans trophées, la question se doit d’être posée : Faut-il désormais tout chambouler ?

Zéro progression

Wenger aura beau marteler que cette défaite retentissante est due à l’arbitrage, le constat est net et sans appel. Arsenal a été humilié une fois de plus par un grand d’Europe. En quittant la C1 par la toute petite porte, les Gunners ont encore montré à quel point ils étaient limités. La domination du Bayern dans tous les secteurs de jeu fut flagrante au cours de cette double confrontation. Les deux équipes n’évoluent pas dans la même cours, encore moins lorsque Laurent Koscielny abandonne ses coéquipiers (sur blessure à l’aller et expulsé au retour).

La première mi-temps de ce match retour est la seule satisfaction à retenir du côté londonien. En montrant de l’envie et du panache devant son public, les Gunners auront au moins fait un peu vibrer leurs fans. Pour mieux les décevoir par la suite. Le Bayern et Arsenal se sont retrouvés trois fois lors des sept dernières années et jamais l’écart entre les deux formations n’a paru aussi grand. Pire, Arsenal donne l’impression de franchement régresser. Il est de notoriété publique que le discours de Wenger ne passe plus auprès d’une partie du vestiaire. Et cela se voit sur le terrain.

Le symbole Alexis

L’image d’Alexis Sanchez prostré sur la pelouse de l’Allianz Arena, seul, à des mètres de ses coéquipiers, avait déjà fait parler d’elle à la suite du match aller. Mardi soir, on retiendra sa réaction depuis le banc de touche à la vue du dernier but bavarois. Entre désabusement et ricanement nerveux, Alexis comprend que son talent ne suffira pas à ralentir la lente dégringolade des Gunners.

Alexis est conscient que son avenir s’inscrit en pointillé dans le nord de Londres et le traitement qu’il subit de la part de son coach et de ses collègues devraient le conforter dans son choix. En effet, le week-end dernier le chilien a débuté la rencontre cruciale face à Liverpool sur le banc. La raison ? Une altercation avec plusieurs de ses coéquipiers lors d’un entraînement. Rentré au vestiaire avant la fin de la séance alors que la tension commençait à monter, il a été confronté à la fronde de plusieurs de ses partenaires. Une preuve de plus, s’il en fallait une, que quelque chose ne tourne pas pas rond chez les Gunners.

Une embrouille de vestiaire est monnaie courante, il est vrai. A priori rien de grave, à condition que le conflit soit réglée avec vitesse et intelligence en coulisse. Ce qui n’a malheureusement pas été fait par Wenger et son staff. En écartant celui qui est de loin son meilleur élément, le coach alsacien s’est tiré une balle dans le pied et dans les 4 doigts de l’autre en marge du déplacement à Anfield, qui a vu Arsenal s’incliner 3-1. Si Alexis tourne la page, Arsenal pourra s’en mordre les doigts.

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Des supporters à bout

Une marche de protestation pour se rendre à l’Emirates, des gradins qui se vident progressivement tout au long de la seconde période, des chants réclamant la démission de Wenger, voilà à quoi ressemblait l’ambiance du côté d’Ashburton Grove ce mardi soir. Le ras-le-bol des supporters est de plus en plus palpable. Eliminé de la coupe d’Europe, Arsenal n’est que 5ème en Premier League et doit son bon parcours en F.A Cup à des tirages très abordables.

Alors que les actionnaires du club se satisfont chaque année d’un ticket pour l’Europe, excellent pour les finances du club, les fans sont en droit de demander mieux. Le prix des places au stade n’a cessé d’augmenter, tandis que le niveau des Gunners n’a fait que baisser. Les supporters n’ont certainement pas oublié qu’on leur avait promis que l’entrée à l’Emirates ferait passer le club dans une autre dimension. Onze ans après, force est de constater qu’il n’en est rien.

Continuité ou remaniement ?

En poste depuis 1996, Arsène Wenger a tout apporté à Arsenal. La gloire, l’excellence, la régularité, le technicien français a accompli un travail phénoménal en Angleterre. Personne ne lui enlèvera jamais ça. Mais le temps est peut-être venu de passer la main. Les médias britanniques annoncent que Wenger a entre les mains une prolongation de contrat de deux ans. Au lendemain d’une nouvelle terrible désillusion qui a illustré tous les maux dont Arsenal souffre depuis plusieurs années, que va-t-il choisir ?

La tentation du choix de stabilité est compréhensible. Il n’y a qu’à voir les ravages causées par le départ de Sir Alex Ferguson après 27 années sur le banc d’Old Trafford. Arsenal veut éviter les erreurs de casting et les errements post-long règne. Mais les Gunners semblent avoir plus que jamais besoin d’un chamboulement en profondeur. Car là où Sir Alex s’en était allé sur un treizième titre de champion d’Angleterre, Arsène Wenger pourrait bien voir ses Gunners continuer de dégringoler. Le temps des adieux est sûrement venu.

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