C’est sur la départementale 678, que nous avons croisé la route de Paulo, plus connu sous le nom de “Amigo Paulo”. À pieds, tirant sa maison mobile à l’aide de ses trois chiennes Enya, Heidi et Jacky, Paulo est tout juste en train de clore son périple après deux ans et un mois sur les routes d’Europe.

Âgé de quarante-cinq ans, Amigo Paulo vient de Lisbonne. Travaillant dans l’hôtellerie-restauration avant son départ, cela faisait trois ans que le globetrotteur était au chômage et vivait chez ses parents. Quand il réalisa que sa vie n’était plus celle qu’il avait imaginé il décida de prendre les choses en main. Depuis son enfance, Paulo aime la période de noël et rêve d’aller visiter Rovaniemi le village du Père-Noël situé en Laponie. C’est ainsi que le marcheur s’est donné comme objectif de rejoindre la Laponie à pieds en partance de Lisbonne accompagné de ses trois chiennes: mama Jacky ainsi que ses filles Heidi et Enya. Étape par étape il s’est préparé à l’aventure, en commençant par marcher dans son pays le Portugal puis en Espagne.

Tous les quatre formeront à présent une équipe surnommée “Golden Heart”. Ces premiers voyages l’ont amené à rencontrer de nouvelles personnes qui lui faisaient des dons ou lui offraient de la nourriture. Ce sont ces premiers pas de voyageur accompagnés de belles rencontres qui ont poussé Paulo à partir le 11 janvier 2015 en direction de la Laponie, le père Noël en ligne de mire.

Laponie

Partit avec seulement cinquante euros en poche, c’est au bout d’un an et un mois de marche qu’Amigo Paulo a atteint son rêve. Le globetrotteur avoue avoir souffert, connu la solitude et des jours sans manger. Mais son envie de marcher et de traverser des pays à la rencontre de nouvelles personnes qui pouvaient l’aider lui et ses chiens, était si forte, que rien ne l’arrêta. C’est donc pourquoi et comment il a réussit à finir son voyage à Rovaniemi et se retrouver en France au mois de février 2017.

Amigo Paulo transporte avec lui le “Polar Express” en référence au dessin animé de Robert Zemeckis. Avant son départ, le rêveur à tout de même préparé tout le nécessaire pour que son long périple se passe sans encombre. Parti avec un chariot pesant plus de 80 kilos auquel sont attachées ses trois chiennes, il y a depuis ajouté une seconde voiturette à l’arrière du premier au cas où il lui échappe dans une pente et qu’il soit donc retenu par la seconde voiturette qui se braquerait.

Paulo traîne aujourd’hui plus de 130 kilos avec à bord: ses vêtements ainsi que des vestes pour ses chiennes puisqu’ils ont passé trois hivers à l’extérieur, des livres, deux téléphones qui lui permettent de communiquer sur les réseaux sociaux et surtout sur sa page Facebook qui comporte aujourd’hui plus de 3500 personnes qui suivent de près son avancée. Il transporte plusieurs batteries avec lui ainsi que des petits panneaux solaires pour les recharger, ils ont avec eux de la nourriture et des outils au cas où les roues du Polar Express crèvent. Paulo a spécialement gardé de l’espace sur son deuxième chariot afin d’y mettre Jacky, âgée de 11 ans, lorsque la route est plate ou descend afin qu’elle se repose. Sa voiture-mobile est pour lui sa propre maison. Avant son départ, Paulo avait prévu de dormir en tente tous les soirs, c’est pourquoi il l’a emporté pour lui et son équipage ainsi qu’un réchaud de camping. Il nous a avoué que, sans surprise, dormir sous une tente en Laponie sous -30° a été une rude épreuve, mais ses trois chiennes qui restaient à ses côtés lui permettaient de se réchauffer. Heureusement, le globetrotteur a pu dormir de nombreuses fois chez des familles qui l’invitaient à rester chez eux avec Enya, Heidi et Jacky, que ce soit au Portugal, en Espagne, en France, au Luxembourg, en Belgique, en Allemagne, en Hollande, en Suède, en Finlande, en Laponie…dans tout ces pays, de nombreux hôtes sont devenus ses amis.

Les six premiers mois ont été très difficiles pour lui. L’équipe “Golden Heart” ne savait pas toujours quand elle pourrait manger ou trouver une épicerie pour refaire des provisions. Ça et renflouer les caisses étaient les choses les plus difficiles au départ, surtout au Portugal et en Espagne. Mais plus ils montaient dans les pays du nord de l’Europe plus ils ont rencontré de généreuses personnes, ce qui a permis à Paulo de reprendre espoir. C’est donc étape par étape que les choses se sont mises à rouler pour le globetrotteur. Quand ils sont entrés au Luxembourg, les choses ont réellement commencé à s’améliorer, puis en Belgique, en Hollande, au Danemark, en Allemagne etc. Paulo semble dire que la générosité des suédois l’a vraiment marqué. La traversée de ce pays a changé sa vie.

Nombreuses sont les personnes intriguées par cet homme, marchant au bord des routes accompagné de ses chiens et de son chariot; et c’est cette curiosité qui les a amené à l’interpeller, à lui demander quel était son parcours, qui il était. C’est ainsi que beaucoup l’ont accueilli, sans qu’il ait à demander quoi que ce soit. La générosité à simplement frappé à sa porte. Le globetrotteur a récolté beaucoup de dons, ce qui fait qu’aujourd’hui il voyage avec un porte monnaie plus lourd que le jour de son départ et qu’il a des réserves de nourriture dans son chariot que les gens lui ont offert. Amigo Paulo nous a même raconté que sa chienne Jacky, âgée de 11 ans, a dû subir une opération très coûteuse (d’environ 1600 euros)  sans quoi, elle n’aurait plus pu continuer l’aventure voire même vivre. Et c’est grâce à Facebook, sur lequel ses amis se sont joints pour récolter des dons pour Jacky, que Paulo a pu payer les frais de vétérinaire et sauver sa chienne. Au cours de son voyage, il aura dormi presque une nuit sur deux chez des habitants.

Suède

Enfin, Amigo Paulo est arrivé en Laponie le 24 février 2016. Même s’il n’y est pas allé pendant la période de Noël, son coeur semble épris de ce pays qui ressemble en tous points à nos rêves d’enfant, de paradis hivernal. Toute la région est placée sous le signe d’importants contrastes entre l’ensoleillement estival de 24 heures sur 24 et les journées sans soleil de l’hiver. Son endroit préféré est définitivement la Laponie, pays où se trouve un très grand nombre de bonnes personnes (en pourcentage/population).

Maintenant que Paulo a réalisé son rêve, la fin du voyage passera par la Suisse, à Lausanne afin de voir le lac de Genève. Il prendra ensuite la direction de l’Italie pour rejoindre Monaco avant de longer la Côte d’Azur en direction d’Andorre dans les Pyrénées. Puis Paulo redescendra l’Espagne pour rejoindre le Portugal.

Au Portugal, Amigo Paulo n’a plus rien, plus de travail, plus de maison, seulement sa famille et ses amis. Après ce voyage, il restera seulement quelques temps chez lui au Portugal, juste assez pour changer ses papiers, revoir quelques personnes et bien évidemment raconter son histoire, devenue célèbre au cours de ces deux années passées. Une fois tout ça réalisé, le globetrotteur compte retourner en Suède afin d’y écrire un livre, certainement intitulé « Golden Heart ». Chaque jour, Paulo écrit dans un cahier ses aventures afin de pouvoir retranscrire son parcours dans son futur livre. En revanche, il ne sait pas encore quand il retournera travailler car il doit d’abord contacter plusieurs personnes en Suède qui lui ont déjà fait quelques offres. Ce grand voyageur dit aimer son pays, plus particulièrement le temps ensoleillé; mais les pays nordiques ont vraiment fait leur effet car Paulo dit vouloir vivre dans un pays où les gens qui l’entourent sont bons. La Suède ou la Laponie seront donc ses futures terres d’accueil. Amigo Paulo voudrait se diriger au Nord de la Suède, peut-être vers Umeå afin de se rapprocher de la Laponie et pourquoi pas, partir vivre dans le village du Père Noël…

L’objectif de cet homme ayant réalisé le rêve de sa vie est de finir son voyage en toute sécurité et sérénité à Lisbonne. Il devrait arriver dans environ cinq mois à bon port. Avec aujourd’hui plus de 12 000 km au compteur, l’équipe Golden Heart peut-être fier de son aventure, du challenge accomplit, et Views remercie particulièrement Paulo pour son témoignage. Ce voyageur des chemins de traverse démontre, s’il en était besoin, que ce périple le fait vivre bien plus intensément et de manière bien plus authentique. Paulo a cette ouverture au monde, cette envie de rencontrer toujours de nouvelles personnes et surtout d’habiter l’instant présent.

Toutes les photos ci-dessous sont celles prises par Paulo, suivez son voyage sur sa page Facebook de Paulo.

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