Kohh est un rappeur de 26 ans au parcours hors du commun. Un père qui s’est suicidé, une mère accro à la meth, son enfance au coeur d’une banlieue dévastée par la violence et la drogue, il est le symbole d’une partie du Japon inconnue du grand public. Loin des lumières de Tokyo, loin de l’image de pays branché au top de la technologie depuis plusieurs décennies, Kohh symbolise cette jeunesse japonaise traumatisée et méconnue.

Malgré tout, le rappeur reste fier et assume pleinement d’où il vient. À ce titre, il fait régulièrement référence à ses origines dans sa musique et déclare même « Ton quartier sera toujours ta maison ». L’artiste japonais a connu le succès international en 2015, grâce à son couplet dans “It G Ma” en featuring avec le célèbre Keith Ape. Toutefois, il était déjà une figure de proue du hip-hop underground japonais grâce à sa mixtape Yellow Tape en 2012.

Depuis, Kohh a sorti 3 mixtape et 4 albums solos, qui ont renforcé sa place de choix dans le paysage musical japonais. Son succès a tellement dépassé les frontières qu’il a eu l’opportunité de travailler avec Frank Ocean à Londres, sur son album Blonde. À ce sujet il déclare « Frank Ocean m’a invité (pour travailler avec lui), j’ai finis par enregistrer dans son studio à Londres. Pour ce qu’on a commun…Bah, on fait tout les deux de la musique, non? »

L’artiste est le sujet d’un documentaire intitulé Kohh’s Son dont le titre fait référence à son père, Kohh étant son surnom. Le jeune artiste a choisi ce nom de scène pour lui rendre hommage. Le documentaire est à l’image du rappeur, sombre mais malgré tout rêveur. Pourtant, les réalisateurs ont déclaré au sujet de l’artiste qu’ils ont été surpris : « On pensait que ce qu’on voyait sur Internet était ce qu’était l’artiste. Un homme “badass” et prétentieux mais au final c’était radicalement opposé à cela. Il est l’une des personnes les plus humble, timide, et pleine de génie qu’on a eu l’occasion de rencontrer. Ce qui était sur Internet n’était que la face visible de l’iceberg. » On comprend ici toute la complexité de l’homme et du personnage. Kohh n’est pas quelqu’un facile à déchiffrer et cette part de mystère fascine tout autant qu’elle questionne.

Le documentaire souhaite capturer la dualité du personnage. Un artiste capable de mettre le feu sur scène, et un homme discret et presque timide une fois le concert terminé. Quant-à sa musique, elle est au finale trompeuse sur sa personne, beaucoup plus complexe qu’un artiste trap pourrait laisser présager. Au fil des années, sa musique a toutefois évoluée, il ajoute désormais des influences punk et rock à son travail. Bien qu’il soit toujours un artiste orienté trap.

Les amoureux du hip-hop japonais sont unanimes, il est indispensable à la culture japonaise dans sa globalité. Il détruit les codes et les règles. Il secoue son public, les réveille et c’est sans doute pour ça qu’il porte le surnom de « Kanye West asiatique ».

Le documentaire Kohh’s Son est disponible sur Vimeo ci-dessous :

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