Interview : A$AP Ant “Je suis ce qu’il manquait au rap game”

A$AP Ant est un rappeur et designer américain de 25 ans, originaire de Baltimore. Il fait partie de l’éminent crew du A$AP Mob. À l’occasion de sa venue en France pour plusieurs concerts, Views l’a rencontré pour parler de sa musique, ses inspirations, sa vision de l’industrie, son implication dans la mode, le A$AP Mob, le regretté A$AP Yams et bien plus encore.

Bienvenue en France et merci de nous recevoir. Comment ça va ?

Je vais bien, j’ai pas à me plaindre. On sort du McDo alors tout va bien.

On va débuter par la musique. Comment es-tu entré dans cet univers ?

La musique a toujours eu beaucoup d’influence dans ma vie. Grâce à mon frère DJ Nick avec qui je suis en tournée. Il a 4 ans de plus que moi alors c’est lui qui m’a introduit à tout ça. Au final je suis tombé amoureux.

DJ Nick

Tu viens de sortir “Finances”, est-ce que ça annonce la sortie prochaine d’un EP ou d’un album ?

Oui, j’ai une mixtape qui arrive très bientôt. Elle va s’appeler “From Me To U — aka I’m What The Rap Game’s Been Missing” (De moi à vous – je suis ce qu’il manquait au rap game, NDLR). Là je sors des morceaux, prépare du contenu… Et je pars en tournée pour faire grossir ma fanbase. Voilà le plan.

Pourquoi est-ce que tu penses être “ce qu’il manquait au rap game” ?

Juelz Santana l’a dit en premier, et je suis un très grand fan de lui. J’ai toujours trouvé le nom de son album génial. L’idée exprimée c’est “Born to lose but built to win” (né pour perdre mais construit pour gagner, NDLR) et c’est un ensemble qui avec le nom du projet “From Me To U”. Et quant-au fait que je suis ce qu’il manquait au rap, c’est simple. Aujourd’hui, tout le monde résonne de la même manière, plus personne ne fait avancer la musique, et plus personne n’est différent. Regardez ce qu’a fait Kanye West avec Yeezus : au début personne n’a comprit et maintenant tout le monde essaye de l’imiter.

Tu as un style propre : des prods aux basses profondes, un flow un peu haché…

(Il coupe) Merci ! Tu sais quoi? Je suis influencé par beaucoup d’artistes. Mon rappeur favori c’est Nas, mais il y a aussi DMX, ce genre de choses. Mais le fait est que je ne peux pas rapper comme eux, mais j’essaye d’apprendre de leur travail et de trouver comment retranscrire ce que j’en apprend dans ma propre musique.

Une grande partie de ta musique est faite de featuring, pourquoi ce choix ?

Je vois les choses simplement. J’essaye d’imaginer le futur en me disant “Lui, il va devenir très fort dans quelques années” et j’ai parfois l’occasion de le mettre en avant. Quand DJ Nick m’a présenté Lil Uzi Vert et que j’ai senti son potentiel, un featuring c’était l’occasion de le mettre en avant et qu’il se fasse connaitre auprès de mes fans. Ça me pose aucun problème, j’ai aucun ego à ce niveau là.

Peux-tu nous parler de Marino Gang et Marino Infantry, ta marque de streetwear ?

Marino Gang a démarré quand j’avais 13, 14 ans. J’avais ma propre release-party à New-York. À 17 ans, j’avais mon propre pop-up shop. Je connaissais beaucoup le streetwear donc je me suis dit : “Putain, pourquoi pas faire une marque streetwear ?”

Tout le monde dans le milieu le faisait, avec les t-shirts de hip-hop avec des imprimés très basiques. L’évolution a été d’en faire une marque de skate. Je suis fan de skate, même si je n’ai jamais skaté une seule fois dans ma vie.

Le skate a influencé ton style de vie ?

(Il hésite) Peut être au niveau de leur état d’esprit, leur manière de voir les choses. Le skate n’influence pas ma vie au quotidien, au mieux c’est au travers de ce que je porte.

Qu’est ce-que tu prévois pour Marino Infantry ?

Je veux juste rendre ça cool, mec. Étape par étape. Je veux en faire une compagnie mondiale et en faire un indispensable dans le monde du skate.

Et qu’est-ce que tu penses des marques de skate devenues mainstream comme Supreme ou Palace ?

C’est cool, je les respecte. Mais je pense que le communauté skate a besoin d’un souffle d’air frais. Aujourd’hui, tout est controlé par des vieux. Je me considère comme ce nouveau souffle pour le monde du skate. Plus de la moitié de mes fans font du skate, donc ça relie Marino à cet univers.

Tu es né à Baltimore, pour beaucoup en France, cette ville n’évoque que la série The Wire. Est-ce que c’est une bonne représentation ?

C’est une série TV donc forcément tu n’auras pas tout les détails et le fond de certaines choses. Mais c’est cool, honnêtement , j’adore The Wire. Rien que pour le fait qu’au moins, on ait eu quelque chose pour mettre en lumière ce qu’il se passait à Baltimore. Mais The Corner est une représentation de Baltimore encore plus réaliste que The Wire, c’est pratiquement un documentaire.

Étant originaire de Baltimore, comment as-tu intégré le A$AP Mob ?

Je connaissais Yams, et DJ Nick aussi d’ailleurs, depuis l’adolescence. DJ Nick me faisait faire toute sortes de vidéos et Yams les a vues et il m’a contacté. Je me souviens de l’été où je rentrais en terminale, j’ai rencontré Rocky et à partir de là il a commencé à me demander du Marino Infantry pour le porter dans ses clips. Depuis ce moment là, tout s’est enchainé.

C’est comme de faire partie d’un crew qui a définit les contours de la youth culture partout dans le monde, et de participer à cette influence ?

Oh, j’adore ça, c’est génial ! On a influencé les jeunes et même au-delà, l’ensemble de la culture. On a même influencé la manière de rapper. Migos ont fait parler d’eux avec ça, mais on a influencé ce truc. (Il rap un flow à la façon des Migos pour nous montrer) Vous entendez ce flow, vous connaissez ? On l’a influencé.

Penses-tu que Supreme x Louis Vuitton aurait été possible sans le lien entre le streetwear et la haute-couture que le A$AP Mob a participé à établir ?

Quelques années en arrière, ça aurait été impossible. Tout le monde ce serait dit « C’est quoi ce bordel ? » Désormais, tout fait partie de la pop-culture. Il n’y a plus rien d’underground et cette collaboration le montre bien.

Tu connais des rappeurs ou plus généralement des artistes français ?

Est-ce que je connais des artistes français…(Il hésite) Oh, Caprisun ! C’est mon gars. C’est un des premiers qui m’a soutenu. J’en connais pas d’autres. Et Lucciano aussi.

Peux-tu nous parler de Yams ? Que penses-tu de son impact sur le rap, la pop-culture ?

Sa mort a montré tout le respect et l’impact qu’il a eu sur la culture. On a découvert qu’il avait des relations avec des gens, des artistes, des businessmen. À ce moment là, on ne soupçonnait pas tout ça et on était encore plus choqués de l’impact qu’il a eu sur ces gens. C’est un précurseur et le créateur du A$AP Mob. On lui doit énormément.

Tu as kiffé le Yams Day ?

Oh oui, carrément. Y’avait Young Thug, The Weeknd, tout le crew… C’était génial.

C’était le meilleur moyen de lui rendre hommage ?

Yes sir.

Vous pouvez suivre A$AP Ant sur son compte Instagram et Twitter

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