Neuvième à l’Ouest avec un bilan de 21 victoires et 27 défaites, Denver se porte beaucoup mieux que prévu et se voit désormais mêlé à la course aux playoffs. Et le serbe Nikola Jokic n’y est certainement pas pas pour rien.

Le poste de pivot, comme nous vous en parlions ici, évolue sans cesse. Des nouvelles générations ont vues le jour, et en ce début d’année 2017 c’est le serbe des Nuggets qui fait grandement parler de lui. Représentant au passage la nouvelle génération d’intérieur tels que Porzingis, Towns ou encore Embiid.

Des qualités remarquables

On demande aujourd’hui à un pivot de globalement bien défendre et de pouvoir ainsi intimider près du cercle, qu’on appelle “rim protector”. Mais le serbe ne veut définitivement pas être comme les autres. Il possède un excellent placement qui lui permet de se retrouver en bonne position face au cercle, étant aussi capable de bien shooter à mi-distance. Et il sait aussi, cerise sur le gâteau, s’exprimer à 3 points (32 %). Toutefois, c’est quelque chose de bien plus rare qui le démarque: une qualité de passe formidable, qui n’est pas donnée à tout le monde et encore moins au poste de pivot. Sa vision, qui rivalise avec celle de beaucoup de meneur, est une vraie plus-value pour son équipe.

Il faut quand même préciser que malgré ses qualités remarquables — surtout pour son poste — Nikola reste encore trop fébrile au niveau de la défense face au cercle, pas encore un vrai protecteur. Un écart entre l’attaque et la défense un peu trop flagrant.

Un nouveau statut

Si en début de saison, Jokic partageait ses minutes avec Nurkic, la hiérarchie ne fait désormais plus débat tant Nikola s’impose. Avec quelques automatismes et surtout du temps de jeu, il a clairement fait ses preuves, et traumatise beaucoup d’équipes.

L’un des matchs qui a montré l’étendu du talent du pivot est face aux Pacers à l’O2 Arena de Londres. Un match largement suivi par nos amis européens, et surtout un match que Nikola va éblouir de son talent : 22 points, 10 rebonds, 8 passes. Ce soir-là, Jokic a nettement dominé la franchise de Paul George.

Mais Jokic, c’est une transformation et une montée en puissance formidable, si ses stats sur la saison ne sont donc pas forcément parlantes : 15,5 points, 8,5 rebonds, 4 passes et 0,8 contres. C’est en décembre, le 15 plus précisément que le joueur devient titulaire. Et là, il ne rigole plus.

En décembre, cela donne : 17 points, 10,9 rebonds, 4,9 passes et 0,8 contres de moyenne. Tout cela avec à peine plus de temps de jeu. En janvier, c’est encore autre chose : 23,9 points, 11,1 rebonds, 4,9 passes et 1,4 contres. Et ce n’est pas par hasard que subitement, Denver — que beaucoup ne voyaient pas forcément en course pour un spot en playoffs — se transforme en réel prétendant.

Il continue de sortir des grosses performances comme celle contre la raquette d’Orlando, inarrêtable avec 30 points, 11 rebonds et 5 passes.

“C’est fun de jouer avec lui. C’est un passeur hors pair et il s’en moque de qui score les points tant que l’on gagne. C’est ce qui fait que c’est génial de jouer à ses côtés.”

Kenneth Faried

Quel avenir ?

Avec seulement 21 ans au compteur, Jokic a encore une grosse marge de progression. Son talent ne fait pourtant plus de doute et son explosion à Denver et en train de faire grand bruit. Tant dans la NBA que dans son pays. À lui d’aider au maximum son équipe pour décrocher un spot en playoffs, presque inattendu en début de saison. Mais la bataille sera compliquée comme à l’Est. Avec Portland, Sacramento, New-Orleans, Minnesota ou encore Dallas. Beaucoup de monde donc, pour seulement une seule place tant les Grizzlies possèdent de l’avance.

Reste à savoir si Jokic pourra améliorer ses carences défensives, son point faible à l’heure actuelle. Mais avec sa palette offensive et ses qualités, le pivot de Denver possède tous les atouts en mains pour marquer sa franchise et la NBA dans sa globalité.

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