Portugais, socialiste, homme dévoué religieusement et politiquement. Antonio Guterres a été élu à l’unanimité le 1er janvier dernier pour prendre les rênes de l’ONU. Est-il l’homme de la situation ?

Guterres, devant l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2016

Le “meilleur d’entre nous” 

Pour qu’un homme politique naisse, il faut un événement déclencheur. Dans le cas de Guterres, ce sera « la révolution des œillets » en 1974. Cet ingénieur de formation s’engagea cette année-là du côté du Parti Socialiste Portugais qui fit tomber la dictature salazariste, en place depuis plus de 40 ans.

Depuis cet événement, il fait son « cursus honorum » : d’abord élu au Parlement, puis secrétaire général du Parti Socialiste avant d’être Premier Ministre, le natif de Lisbonne gravit les échelons et prend même la tête en 1995 de l’Internationale Socialiste (communauté internationale rassemblant la majeure partie des mouvements socialistes du monde).

Qualifié comme « le meilleur d’entre nous » par l’actuel président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, Guterres réussira-t-il à endosser le costume de secrétaire général de l’ONU après deux mandats en demi-teinte de son prédécesseur Ban Ki-Moon ?

Grand orateur, et très rassembleur, Antonio Guterres a su, d’ores et déjà, unifier la communauté internationale, du moins pour un vote. Un indice pour l’avenir ?

Un nouveau souffle sur l’ONU ?

« Davantage de médiation, d’arbitrage et de diplomatie préventive » : Ce sont les premiers mots du politicien, ou plutôt d’une promesse : son engagement total dans la transformation de cette institution.

En effet, Guterres prône une ONU « agile, compétente et efficace ». Une réforme ? Plutôt une nouvelle manière de dessiner cette communauté internationale. Peut-être une façon pour lui de « revenir aux fondamentaux », de rendre plus humaine cette institution trop souvent illisible.

Car le nouveau secrétaire général en question porte un certain humanisme. Portant haut et fort la question des réfugiés, défendant les principaux intéressés, Guterres peut être considérer comme un défenseur des droits de l’homme, au sens premier du terme. Il a dirigé pendant plus d’une dizaine d’années le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés. Il a littéralement révolutionné le système de cette institution en utilisant les fonds (récoltés par une importante réductions de postes au siège de Genève) de cet organisme pour de véritables missions sur le terrain.

“Les réfugiés ne sont pas des terroristes, ce sont les premières victimes du terrorisme”

– Antonio Guterres

Il s’est également rendu sur le terrain, dans des camps de réfugiés, pour écouter ceux qui vivent la plus importante crise des réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale. Homme d’action, porte parole des “plus pauvres et plus démunis”, il est maintenant propulsé au poste de secrétaire général : un job taillé pour lui… Sur le papier.

Un défi à la hauteur de ses ambitions ?

À peine en poste, les deux mandats en demi-teinte du coréen Ban Ki-Moon se font déjà sentir.

En effet, le nouveau secrétaire général va hériter de dossiers très compliqués (crise en Syrie, au Yémen ou encore au Soudan), va diriger un Conseil de sécurité divisé (froid entre Washington et Moscou) et va connaître de grands bouleversements qui vont changer la donne sur le plan international. A commencer par l’investiture récente de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale.

Non, ce poste ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre et de nombreux défis attendent le nouveau secrétaire général. Et le principal intéressé en est bien conscient : “Je pense qu’il est utile de dire qu’il n’y a pas de miracles et je suis sûr que je ne suis pas magicien”.

Parlerons-nous de “doctrine Guterres” ou de secrétaire général de transition ? Seul l’avenir nous le dira.

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Par Lucas Sarafian.

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