Absent des terrains depuis la mi-novembre, le meneur de jeu argentin réalise pour le moment une saison quasi-blanche. Alors qu’Emery souhaitait en faire une pièce centrale de son onze de départ, le physique d’El Flaco ne suit pas. Une fois de plus.

Le championnat de France est orphelin de l’un des ses plus grands artistes. Apparu pour la dernière fois face à Nantes le 9 novembre dernier, Javier Pastore a fait son retour à l’entraînement collectif cette semaine. Avec seulement 286 minutes de temps de jeu en Ligue 1 cette saison, le natif de Cordoba brille par son absence. Au grand désespoir des fans du club de la capitale.

Après avoir récupéré le numéro 10 laissé libre par Zlatan Ibrahimovic et effectué une préparation estivale très prometteuse, avec notamment un récital lors du Trophée des Champions, l’argentin semblait avoir toutes les cartes en main pour réaliser une grande saison. Un pépin au mollet en a décidé autrement. Puis ce fut le genou qui n’a pas tenu, dix minutes après son retour sur les prés. Régulièrement sur le flanc depuis plus d’un an et demi, Pastore arrive désormais à la croisée des chemins.

Capable de faire chavirer un stade sur un éclair de génie, Javier Pastore a certes émerveillé le Parc des Princes à de nombreuses reprises depuis son arrivée en 2011. Il était alors le premier investissement majeur de l’ère QSI, débarqué tout droit de Palerme. Il n’est désormais plus qu’une étoile parmi tant d’autres dans l’effectif parisien. Mais sûrement l’un des jours les plus impressionnants au niveau du talent pur, avec Hatem Ben Arfa et Marco Verratti.

Loin d’aligner les matchs comme le petit italien, Pastore passe de trop longues semaines à l’infirmerie. Des trajectoires opposées pour les deux joueurs ayant rejoint le PSG à un an d’intervalle, l’un arrivant en hexagone auréolé du titre de joueur le plus cher de l’histoire du championnat, l’autre sortant de Pescara en Serie B. Il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui la cote des deux joueurs s’est sensiblement inversée.

Une image bien trop rare

Numéro 10 à l’ancienne, doté d’une technique et d’une vision du jeu extraordinaires, Pastore avait tout pour réussir dans le système que souhaitait instaurer Unai Emery lors de son arrivée au Camp des Loges. Un 4-2-3-1 construit autour de lui, qui lui conférait les rênes du jeu parisien. Baladé un peu partout sous les ordres de Laurent Blanc, El Flaco avait enfin l’occasion d’enfiler le costume de chef d’orchestre dans sa position préférentielle.

La fragilité physique de Pastore a contraint Emery à revoir ses plans lors de la première partie du championnat, revenant à un 4-3-3 qui a fait ses preuves en Ligue 1 depuis de nombreuses années. Rien ne nous dit que le technicien basque ne re-tentera pas l’expérience si jamais son meneur de jeu parvient à enchaîner les matchs. Il faut avouer que la vision d’un Pastore distillant des caviars à Cavani, tout en étant soutenu sur les ailes par Draxler, Di Maria et/ou Lucas serait cauchemardesque pour de nombreuses arrière-gardes. Mais cette vision demeure encore un fantasme.

Alors qu’El Flaco a des chances de s’asseoir sur le banc du Parc des Princes bientôt, chaque observateur du club parisien se posera la même question: Javier Pastore parviendra-t-il à être un jour le maître à jouer à la hauteur de son immense talent ? N’oublions pas que cela fait six ans que l’argentin a posé ses valises à Paris. Six années de promesses, de blessures, de frissons, de déceptions. Il ne serait pas le premier talent brut à passer à côté d’une carrière extraordinaire à cause de son physique. Il ne faut toutefois pas perdre espoir, pas encore. Un tel joueur mérite que l’on y croit jusqu’au bout.

Lire aussi

– Pourquoi la Coupe du Monde à 48 équipes est une très mauvaise idée

– Les 10 plus gros transferts de l’histoire du mercato hivernal

– Un coming out collectif dans le monde du foot ?

Par Julien Perocheau 

Pin It on Pinterest