Ce vendredi 30 décembre, la T-Mobile Arena de Las Vegas sera le théâtre d’un événement qui dépasse le cadre même du sport. La superstar de l’UFC et ex-championne de la catégorie féminine des poids coqs, Ronda Rousey, fera son grand retour a la compétition. Un tout petit peu plus d’un an après sa mémorable et cuisante défaite par KO des mains (et du pied) d’Holly Holm.

Holly n’aura conservé cette ceinture que quelques mois, battue lors de sa première défense de titre par Miesha Tate, elle-même battue lors de sa première défense par l’actuelle championne et donc adversaire de Ronda, la brésilienne Amanda Nunes. Une championne bien peu mise en avant par son employeur, qui, à contrario déploie toute la machine promotionnelle pour Rousey à coups de videos énigmatiques « Ronda is back » et autres compilations de ses meilleurs combats.

Tout au long de l’année 2015, Conor McGregor est déjà en train devenir une immense star. Mais la mega-star, c’est Ronda Rousey. Elle a détruit tous ses adversaires avec une facilité déconcertante, s’est faite un nom à Hollywood et a même écrit un livre auto-biographique qui est devenu un best seller. En clair, tout ce qu’elle touche se transforme en or. Une aubaine pour Dana White, le président de l’UFC, et aussi un joli pied de nez, quand on sait que ce dernier ne voulait pas entendre parler d’une section féminine au sein de l’UFC deux ans auparavant. Ronda gagne des millions et fait encaisser des millions à son employeur. La presse spécialisée en a fait sa favorite à coups d’articles dithyrambiques et de superlatifs jamais assez fous. L’ancienne médaillée olympique adore ça et en joue beaucoup, se montrant souvent exécrable avec ses rivales Tate ou Cyborg.

Le 14 novembre 2015, tout va changer. Holly Holm va brutalement mettre un coup d’arrêt au phénomène. Battue durement, Ronda sera humiliée sur internet à coups de memes et autres vidéos parodiques. Sa déification avait fini par irriter une bonne partie des aficionados de MMA, qui ont accueilli sa chute avec délectation. La presse spécialisée également va s’en donner a cœur joie, à grands renforts d’analyses et articles incendiaires. Ronda elle, choisit de se murer dans le silence. Visiblement et logiquement très affectée par sa défaite, elle ne communique pratiquement plus que par des posts Instagram tous plus énigmatiques les uns que les autres. Dana White annonce que Ronda ne remontera pas tout de suite dans l’Octogon, qu’elle fait une pause, ce qui attire encore plus de critiques. Plusieurs mois passent suivant le même schéma. Ronda reste silencieuse mais encaisse très mal le tapage médiatique négatif. Lors d’une rare apparition télévisée, elle confie même qu’elle a pensé au suicide.

Quelques mois plus tard, Ronda Rousey choisi l’UFC 207 pour remettre les gants. Mais ce retour se fait à une condition sinéquanone : aucune interview à la presse spécialisée. Rousey a toujours en travers de la gorge les critiques et souhaite ne faire aucune apparition avant son combat. La rumeur veut même que la pesée réelle se fera le matin hors caméra, elle refuserait de participer à la pesée traditionnelle en compagnie des médias. Un blackout complet qui se veut clairement en représailles du mauvais traitement qu’elle estime avoir subi, selon Dana White lui-même qui semble complètement d’accord avec la démarche. Oui, le même homme qui a privé Conor McGregor, et même Nick Diaz quelques années avant, de combattre pour des conférences de presse manquées. Deux poids deux mesures totalement assumé par la compagnie. La compagnie de management qui gère Rousey n’est autre que William Morris Agency, plus connu sous le nom de WME, qui détient purement et simplement l’UFC. Le conflit d’intérêts est immense et saute aux yeux. 

Sportivement, la question est simple : Quelle Ronda Rousey s’apprête t’on à retrouver ? Celle qui a dominé sans partage son sujet pendant 3 ans, à coups de clé de bras et de KOs, avec son style aggressif ? Ou aurons-nous affaire à une combattante différente, brisée mentalement par la chute de son haut piédestal ? Il est souhaitable pour l’ex-championne que ce soit la première option. Tout d’abord car Amanda Nunes est une championne talentueuse et déterminée à conserver son titre tout en réalisant son rêve de combattre contre Ronda. Et surtout parce qu’en cas de défaite,  la presse et les internautes, impitoyables, risquent de lui faire payer ce silence assourdissant. En choisissant de les ignorer, Rousey a créé les conditions d’un retour fracassant ou d’une désillusion encore plus grande que celle vécue l’année dernière.

Reverra t-on cette version de Ronda ?

Rousey a d’ores et déjà annoncé que ce combat serait l’un de ses derniers. Un dernier baroud d’honneur qui a commencé lors de son retour a l’entrainement il y a quelques mois et qui connaîtra son épilogue ce vendredi. Un retour au sommet, ou une désillusion sportive et médiatique encore plus violente.

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