9 décembre 2016, les fans new yorkais de l’UFC découvrent, interloqués, la force herculéenne de celui qu’on nomme « The Predator ». D’une clé de bras amorcée alors qu’il est encore debout, il force son adversaire, le pauvre Anthony Hamilton, à se soumettre. Incapable de résister à la puissance monumentale déployée par ce colosse.

Cet homme, c’est Francis Ngannou. Combattant français d’origine camerounaise, 1m93 pour 117kg de muscles. Un physique mais surtout un mental de guerrier, forgé au cours d’une vie que ne l’a pas épargné. Un destin hors du commun qui l’aura vu passé d’une difficile vie africaine au statut de star en devenir au sein de la 1ère organisation mondiale de sports de combats.

À l’entrainement au MMA Factory, la salle de ses débuts.

Francis est né à Batié au Cameroun, en 1986. Comme nombre d’enfants africains, il a vite été confronté aux difficultés de grandir dans un pays pauvre, où les perspectives d’avenir ne sont pas légion. À la recherche d’une vie meilleure, il quitte son pays natal pour s’installer en France courant 2013. Grand fan de boxe anglaise et particulièrement de Mike Tyson (qui de cette génération ne l’est pas ?), Francis nourrit un rêve de gosse : il veut absolument devenir champion du monde de boxe. Une volonté farouche, qui lui fait même envisager un départ rapide pour l’Allemagne, où les opportunités de briller en boxe sont meilleures que dans l’hexagone.

Pourtant, à l’été 2013, il se décide à entrer dans une salle où l’on pratique le MMA. Curieux, mais toujours accroché à son rêve, il se laisse tenter par une séance d’entrainement. Son entraineur, le respecté Fernand Lopez Owonyebe flaire immédiatement que face à lui se tient un personnage hors du commun. Les frais d’inscriptions étant bien trop élevés pour Francis, Fernand décide de lui en faire cadeau. Également d’origine camerounaise, le courant passe tout de suite et peu à peu, pourtant au départ réfractaire et accroché à ses rêves de boxeurs, Francis tombe amoureux de ce sport.

Naturellement doté d’un physique hallucinant, Francis fait rapidement étalage de qualités hors normes : extrêmement puissant, il n’en demeure pas moins athlétique, rapide, endurant, souple et surtout il apprend très vite. Au point de faire ses débuts professionnels seulement 3 mois après sa découverte du sport ! Une victoire par clé de bras, suivie par une défaite aux points contre un adversaire talentueux et bien plus expérimenté que lui. La suite ? Une impressionnante série de 4 victoires, toutes obtenues avant la limite qui finira par attirer l’œil de la toute puissante organisation américaine, l’UFC. Un aboutissement dans la carrière de n’importe quel combattant MMA au monde, mais Francis sait que ce n’est que le commencement. Et il va s’atteler à le démontrer rapidement.

Des débuts à l’UFC tout en puissance.

Son 1er combat : un KO retentissant au 2ème round. Le 2ème ? Arrêt du médecin au 2ème round, l’œil de son adversaire beaucoup trop endommagé par les coups du Predator. Suivra une nouvelle victoire par arrêt de l’arbitre au 1er round et enfin cette merveille de soumission il y’a maintenant 10 jours.

En l’espace d’un an, Francis Ngannou est passé d’inconnu à meilleur espoir mondial chez les poids lourds de l’UFC. Empli d’humilité comme ceux dont le parcours jusqu’au sommet à été tortueux, Francis reste toujours mesuré dans ses interviews. A une époque où celui qui fait le plus de bruit devient le plus populaire, Francis choisit de faire parler ses poings. Au micro à la fin de son dernier combat, il demande à affronter un combattant du top 10, cite quelques noms. Et l’UFC décide en toute logique d’accéder à cette demande. Le 28 janvier se dressera donc face à lui le cogneur russe Andreï Arlosvski. Vétéran légendaire de 39 ans et 39 combats, le « pitbull » fut champion de l’organisation à deux reprises, en 2005 et 2006. Un ancien taulier qui, même s’il reste sur 3 défaites, est toujours dangereux et peut terminer un combat en un clin d’œil.

Voilà donc Francis une nouvelle fois face à son destin. Alors qu’il n’a pas encore 5 ans de pratique, le voici en possibilité d’obtenir une victoire qui lui permettra de débarquer en force dans le top 10 mondial, et ainsi de se rapprocher à grands pas du haut du panier.

Des difficiles rues de Yaoundé au strass et paillettes de Las Vegas, en passant par le MMA Factory parisien, Francis Ngannou fonce sur l’autoroute de sa destinée avec puissance et légèreté, en faisant preuve de détermination et d’humilité. Celui qui représente fièrement ses deux patries avance en silence, tel un vrai prédateur.

Nos articles sport

Pin It on Pinterest

Plus dans Sport
Carlos Tévez en Chine, les dessous d’un futur transfert complètement fou

Fermer