Arrivé en 2014 dans un échange contre Andrew Wiggins notamment, Kevin Love était venu alors compléter le duo LeBron James/Kyrie Irving pour former un big three. Après deux saisons compliquées individuellement parlant, Love semble cette année enfin avoir pris ses aises. Le titre l’a-t-il libéré ?

Kevin Love a connu des débuts difficiles aux Cavaliers, mais ce n’est pas forcément si étonnant. Drafté en cinquième position par les Memphis Grizzlies en 2008 puis échangé dans la foulée dans le Minnesota, Kevin Love s’est rapidement imposé comme le leader d’une équipe qui ne gagnait pas. Après 2 belles saisons rookie et sophomore (14 points et 11 rebonds lors de la seconde saison), la troisième saison va lui faire franchir un cap aux yeux de tous.

20,2 points, 15,2 rebonds de moyenne durant la saison 2010/2011. Des prestations formidables dont le fameux 31 points et 31 rebonds contre les Knicks, 37/23 contres les Warriors ou encore 32/22 contre les Spurs. Ce n’est qu’un petit échantillon des matchs spectaculaires que le joueur a été capable de fournir lors de cette saison. La réussite collective de Minnesota sous Love n’est pas présente, toutefois l’ailier fort marque les esprits de par ses performances impressionnantes. Il aura le luxe de faire une série de 53 matchs consécutifs avec un double-double. Sans grande surprise, et quelques mois plus tard, il est nommé Most Improved Player.

En 2014 alors que LeBron James annonce son retour à Cleveland, le but est clair : Former un autre big three et c’est vers Kevin Love qu’ils vont se tourner. Un échange à 3 franchises et voilà Kevin Love à Cleveland. Chris Bosh qui lui aussi avait fait ce choix de rejoindre un big three au côté de LeBron James le met alors en garde sur la manière dont il va devoir jouer.

C’est beaucoup plus difficile parce que vous aviez l’habitude de faire quelque chose d’une certaine manière. Cela va être dur pour lui. C’est extrêmement difficile et frustrant. Il va devoir gérer ça.

Chris Bosh

Il faut dire que le natif de Californie doit passer d’option numéro 1 à un rôle plus en retrait derrière le King et Irving. Pour aller chercher un titre, c’est le prix à payer.

Les gens vous disent que vous allez devoir changer ce que vous faites. Mais jusqu’à ce que vous soyez dedans, vous ne pouvez pas vraiment comprendre ce que ça veut dire. Ça demande de l’humilité.

Kevin Love

Et c’est ce qui va se passer. Le changement est compliqué, Kevin Love n’est plus maître à bord. La balle ne passe plus par lui lors des possessions importantes et il n’a pas forcément le ballon autant qu’il le voudrait. Sur ses deux premières saisons à Cleveland il va tourner à 16,2 points et 9,8 rebonds de moyenne. Des statistiques en chute libre, même si cela n’est pas forcément surprenant ou inquiétant. La manière elle, l’est beaucoup plus. Son pourcentage chute à 36,7 % à 3 points et 43,4 % dans son ensemble lors de la première saison. Il devient la cible préférée des médias pour expliquer les défaites et passe pas mal de temps sur le banc.

Il a prit tous les problèmes pour lui (…). Tout le monde se sacrifie, mais Kevin s’est le plus sacrifié.

Tyronn Lue

Certains joueurs d’expériences vont être fondamentaux dans la conquête du titre et la mutation de Love. Channing Frye fraichement arrivé et surtout James Jones vont l’aider. Lui faire prendre confiance. L’équipe gagne en cohésion au fil de la saison. Les Cavaliers iront jusqu’au bout et en gagnant le titre NBA dans une série folle face à Golden State.

Pourtant c’est une série compliquée qui l’attend face aux Warriors. Une blessure et pas de match 3 et un match à 2 points. Mais comme un symbole, c’est lui qui va se sublimer lors du match 7 : C’est lui qui va superbement bien défendre la dernière tentative de Stephen Curry, celle qui tuera le match.

Champion, il ne manquera pas de saluer celui qui l’a aidé.

Those of you who know Champ will appreciate this… I’d like to tribute the best teammate I've ever had, James Jones aka Champ. You taught me more than you know the past 2 years— what it takes to win, how to be a better teammate, how to balance the good/bad off the court, and most importantly…putting team first. Sacrifice for the better of the team, and in order to lead sometimes you have to learn to follow. You’ve been to 6 straight Finals. You’ve been the constant presence we needed in the locker room. You’re the ultimate work horse. The lessons you taught me will stay with me for the rest of my career and life after basketball. No one can avoid the ups and downs of the Playoffs, and when many wrote me off after a tough stretch in the Finals… you and the team stuck by me allowing me to flourish and make plays when it mattered most. Like you told me not too long ago, “don’t be afraid to be yourself.” And now I’ll never be— thanks for everything. Keep being you Champ. 🏆🏆🏆-🏆

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Après une seconde saison à 16 points et 9,9 rebonds de moyenne. Kevin Love tourne désormais à 22 points et 10,4 rebonds, mais surtout il donne une bien meilleure impression. Il semble enfin avoir trouvé sa place dans l’équipe. Son attitude, son langage corporel, tout semble indiqué que le titre l’a libéré. La preuve ? Son match face à Portland, 34 points avec un 11 sur 14 au tir et surtout un 8 sur 10 à 3 points et ce en un quart temps.

Et LeBron ne tarit pas d’éloge sur Kevin Love et Kyrie Irving cette saison :

Ils jouent probablement le meilleur basket de leurs carrières. C’est l’ancien Kevin Love, et c’est ce qu’on attend de lui. Il tire bien. C’est bon de l’avoir.

LeBron James

Un joueur à la confiance retrouvée, un bon début de saison et un vrai impact. Kevin Love semble avoir retrouvé sa voie et son énergie, mais surtout, il semble enfin avoir trouvé sa place dans l’équipe. Et nul doute qu’avec la saison qui attend les Cavaliers, Love sera indispensable.

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