Ce jeudi 1er décembre 2016, François-Hollande devient le premier président en fonction de l’histoire de la cinquième république à renoncer à se présenter pour un second mandat. Avant lui trois présidents avaient réalisé deux mandats consécutifs : Charles de Gaulles 1958-1969 puis 1965-1969), François Mitterrand (1981-1988 puis 1988-1995) et Jacques Chirac (1995-2002 puis 2002-2007). Valérie Giscard d’Estaing (en 1981) et Nicolas Sarkozy (en 2012) ont échoués à se faire réélire. Georges Pompidou, lui, est mort pendant son mandat en 1974.

Ce discours qui fut annoncé aux journalistes seulement une heure auparavant, se termina en marquant l’histoire de la cinquième république. Commençant par défendre son bilan, François-Hollande fini son discours de façon inattendue, la gorge nouée, le regard expressif, il annonce qu’il renonce à se représenter pour briguer un second mandat.

Il revendique tout d’abord des « comptes publics assainis, une sécurité sociale qui est à l’équilibre et une dette du pays préservée », il souligne le progrès établit en matière de liberté en France notamment avec « le mariage qui a été ouvert à tous les couples », ainsi que son combat contre les inégalités homme/femme et les discriminations. Il veut avoir modernisé la démocratie grâce  à la réforme territoriale, la fin des cumuls des mandats ou encore la transparence imposée à tous les élus. Il présente la lutte contre le chômage comme son défi majeur durant son quinquennat, même s’il reconnait que les premiers résultats arrivent trop tardivement. Le président présente alors sa réaction face à la menace terroriste où il dit avoir pris les « mesures nécessaires » notamment en renforçant l’appareil judiciaire, l’armée et la police. Cependant il présente un regret, celui d’avoir proposé la déchéance de nationalité, qui pour lui « a  divisé le pays ». Ensuite, lors de son discours il défend son action à l’échelle européenne, où il veut avoir mis fin à l’austérité, avoir permis à des pays –tel que la Grèce- de rester dans l’Union-Européenne, avoir lutté contre le système bancaire et avoir permis à la France d’assumer ses responsabilités en accueillant les réfugiés tout en gardant le contrôle de ses frontière.

Puis, il identifie « les risques » que ferait courir sa présentation à l’élection présidentielle. Celui d’un parti socialiste divisé, qui laisserait Fillon monter à l’Elysée avec un programme qui « remet en cause le modèle social », ou encore la montée d’un extrême qui mènerait une « politique protectionniste » qui serait un « véritable danger pour les travailleurs ».

Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle, donc au renouvellement de mon mandat.

Cette décision peut s’expliquer par l’impopularité record de François Hollande depuis 2013. Selon l’IFOP pour Le journal du Dimanche, seulement 15% des français sont satisfaits par l’actuel président, le taux de satisfaction le plus bas était auparavant détenu par François Mitterrand, qui avait 22% de satisfaction en décembre 1991 lors de second mandat.

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Le président Hollande lors de son allocution.

 

« Tous les ans on va commencer à le regretter »

Les réactions se sont vite faites entendre suite à ce rebondissement. La gauche voit en cette annonce un acte « courageux et digne » à l’image de la réaction de Manuel Valls ou encore d’Emmanuel Macron quelques minutes après le discours. Au centre, François Bayrou salue une décision « honorable » cependant « contrainte et forcée ». La droite voit en cette annonce l’aveu de « son échec patent » selon les mots de François Fillon. Marine Le Pen, reconnait en cette déclaration, la marque de « l’échec très lourd du quinquennat et du PS dans son ensemble ». Enfin, Daniel Cohn-Bendit dans une interview pour Le Nouvel Observateur, estime que c’est une décision pleine d’humilité qui confirme que ce fut « un président normal » que nous allons « commencer à regretter ».

Cette décision permet au Parti Socialiste d’espérer un sort positif à l’élection présidentielle de 2017, tout en évitant la possible humiliation qu’aurait pu subir Hollande en cas d’échec majeur dans les urnes. Désormais, le PS doit s’unir, sans doute leur plus grand défi en prémisse des échéances présidentielles. Qui maintenant sera la personnalité qui saura rassembler la gauche. Si on connaît déjà les candidatures de Benoit Hamon, d’Arnaud Montebourg, et de Manuel Valls à la primaire socialiste, on peut imaginer un éventuel retour de Ségolène Royal. Toute-fois, ce rassembleur peut-être quelqu’un de beaucoup plus à gauche, on pense notamment à Jean-Luc Mélenchon qui bat en ce moment des records de popularité.

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