La boxe anglaise, sport noble pour ses adeptes, bon divertissement pour certains, sport violent pour d’autres. Quand il est pratiqué par deux combattants bien préparés, au top de leur forme physique et psychologique, il est capable de faire vibrer unanimement la foule. Capable de rassembler 15 000 personnes dans une arène à Las Vegas. Capable de remplir un stade entier au Zaïre en 1974 comme à Manchester en 2006, ou à Hambourg en 2010. L’un des seuls sports avec le football à autant traverser les âges. Views revient pour vous sur un affrontement d’une cruelle beauté et d’une violence magnifiquement orchestrée.

« The Thrilla in Manilla ». Le point final d’une trilogie légendaire. Cette 3ème rencontre entre les deux meilleurs ennemis de l’histoire de la boxe devait servir d’ultime règlement de compte. Mohamed Ali (qu’on ne fera pas l’affront de présenter) sortait d’une année magnifique. Remonté sur le toit du monde 1 an plus tôt, au prix de sa légendaire victoire sur George Foreman à Kinshasa, il a depuis boxé 3 fois pour autant de victoires. Au summum de sa popularité. Il est redevenu riche, plus que jamais charismatique et provocateur. Mais voilà, Ali n’a qu’une chose en tête, 10 mois avant sa victoire sur Foreman, il avait pris sa revanche sur le premier homme à l’avoir battu chez les professionnels : Joe Frazier. A une victoire partout, Ali, tout comme Joe, veulent absolument s’affronter une dernière fois.. Le fantasque Don King monte cette rencontre au sommet à Manille, la capitale philippine. Les deux boxeurs qui se détestent à l’époque tout en nourrissant un profond respect l’un pour l’autre, s’échangent tout sauf des amabilités pendant les 2 mois précédant le combat. Ali, le formidable show man, envoi pique sur pique au discret mais terrifiant Frazier qui se fait régulièrement humilier, Ali allant jusque le qualifier de gorille entres autres. Ce trash talk avait très bien marché sur Georges Foreman. Frazier lui était différent, toute sa haine contre son ennemi était contenue. Il était prêt à laisser sa vie sur le ring, et c’est ce qu’il a pratiquement fait.

Philippines President Ferdinand Marcos, left, applauds as challenger Joe Frazier, right, makes some remarks about world champion Muhammad Ali, second from left, during their call on Marcos at the Malacanang Palace in Manila, Philippines, on Sept. 18, 1975. Between the two fighters is Marco's wife Imelda. (AP Photo/Jess Tan)

Échange de mots doux.

Dès le départ, Mohamed Ali prend rapidement le contrôle du combat, punissant son adversaire de ses jabs puissants et de ses droites monumentales, mais il en fallait plus pour terrasser Joe Frazier. Extrêmement bien préparé et dur comme jamais, il n’a cessé d’avancer et de martyriser Ali grâce à sa force de frappe. À la fin du 12ème round, Frazier mène d’un rien, mais Ali va reprendre le contrôle et marteler Joe comme si sa vie en dépendait pendant 2 rounds. Si fort que son opposant a un œil fermé et l’autre dans un piteuse état. Frazier est épuisé mais son mental est toujours là et lui permet de tenir debout.

Mais à la fin du 14eme round, son coach, le légendaire Eddie Futch lui demande de rester assis. Il ne renverra pas son poulain pour le dernier round. « No one will ever forget what you did here today » « Personne n’oubliera ce que tu as réalisé aujourd’hui » lui dit-il. Mohamed Ali, plutôt que d’exulter, s’écroule, complètement vidé de ses forces. On apprendra plus tard qu’il était à deux doigts d’abandonner.

Ce combat de légende est considéré par la plupart des spécialistes comme le plus grand combat de l’histoire. Ce soir la c’était bien plus que de la boxe, c’était surtout un moment d’histoire. Paix aux âmes de ces deux guerriers. Et si vous ne l’avez pas vu, remédiez y très rapidement :

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