Le « líder máximo » n’est plus, à l’âge de 90 ans l’ancien chef d’État cubain s’est éteint à la Havane. Castro, qui a dirigé le pays de 1959 à 2008, a pu constater un an avant sa mort le retour des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis après un demi siècle de tensions. Longtemps inimaginable, cet évènement géopolitique majeur a été facilité par le sport, dont Fidel Castro avait compris l’importance au coeur de sa politique.

Fidel Castro a été toujours été un grand amoureux du sport, qu’il pratiquait avec passion. Dans un pays dominé très largement par le baseball, il se découvre une passion pour le basket-ball qu’il pratiqua jusqu’à plus de 50 ans. Dès sa prise de pouvoir en 1959, il réalise tout le bénéfice qu’il peut tirer du sport. Il souhaite alors faire de Cuba un pays majeur dans ce domaine, pour s’en servir comme d’une vitrine et démontrer que malgré sa démographie limitée, le pays peut égaler des puissances sportives. En 1961 il crée l’Institut national du sport, de l’éducation physique et des loisirs (INDER) et en 1962 il signe le décret 83A interdisant le sport professionnel sur son île. Transmettant ainsi ses idéologies communistes à travers le sport professionnel qu’il voyait comme un moyen « d’enrichir juste quelques un au dépend du plus grand nombre ». Le paradoxe de son lien avec le sport est déjà écrit, entre sa passion pour le sport amateur et sa pratique et son rejet du sport professionnel symbole très américain et qui va à l’encontre de ses valeurs politiques.

Peu à peu Cuba devient une terre de sport qui se démarque, les Jeux Olympiques étant le symbole de cette montée en puissance de l’île caraïbéenne. Cuba ne gagna aucune médaille d’or olympique entre 1906 et 1968, à partir de 1972 le pays commença sa conquête progressive pour arriver jusqu’à 14 médailles d’or en 1992 et 31 au total. En seulement 20 ans la transformation est spectaculaire. Cette métamorphose se symbolise aussi par la boxe, entre les Jeux de Mexico et ceux de Rio en 2016, Cuba glana 73 médailles, un gigantesque total pour un pays de tout juste 11 millions d’habitants. L’élan orchestré au début des années ’60 par Fidel Castro portait ses fruits. En plus de rassembler la population, d’améliorer sa santé et d’offrir au pays un rayonnement mondial, le sport a aussi été utilisé à des fins politiques encore plus assumées par le leader cubain : En 1984 et 1988 son pays boycotte les J.O pour s’opposer à ses ennemis politiques que sont les États-Unis et la Corée du Sud.

“On va leur montrer ce que c’est un home run”

Ses mesures contre le sport professionnel sont toute fois difficile à encaisser pour le pays tant elle provoque la fuite des talents. Pour ces sportifs, l’eldorado se nomme les États-Unis, l’importance culturelle et économique du sport professionnel au pays de l’oncle Sam va provoquer une exode massive de la fine fleure des sportifs cubains. Le natif de Cuba Yasiel Puig, aujourd’hui star de la MLB touche 6 millions de dollars par an, de quoi justifier les nombreuses évasions sportives au fil des années. Fidel Castro n’a jamais changé de point de vue sur ses méthodes et voit ces sportifs comme des « traîtres ». Il préfère d’ailleurs mettre en lumière les sportifs qu’il juge désintéressés par l’argent qui ont fait le choix de rester malgré les fortes tentations financières.

Le dernier lien fort entre sport et politique en date pour Fidel Castro reste le match de baseball organisé le 28 mars 1999 entre les Baltimore Orioles et l’équipe nationale cubaine. Cette rencontre permettait aux deux pays de lier un contact, qui posera les bases de la réconciliation entre les deux ennemis de longues dates. Nul doute, Castro a toujours su utiliser le sport pour arriver à ses fins. Lorsque le dirigeant cubain proposa à Guy Roux une île en échange de ses services de coach pour donner goût au « soccer » à la jeunesse cubaine, on comprends que Castro n’a jamais eu peur de mettre les moyens en accord avec ses ambitions sportives. Pour l’anecdote, le français refusa, préférant surement entrainer Olivier Kapo et Djibril Cissé au soleil des Caraïbes.

Sous sa direction, Cuba remporta 182 médailles olympiques et fut le lieu de naissance de dizaines de légendes du sport. Si son bilan politique sera toujours discuté, ce qu’il a accomplit pour le sport en ses terres est impérissable, car comme il le disait lui même « Le sport est un droit du peuple ».

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