Passer un cap en Ligue des Champions a toujours été l’ambition affichée par les dirigeants du PSG. La nomination du technicien basque Unai Emery allait dans ce sens, les recrues stars signées au fil des années aussi. Cette saison devait symboliser le renouveau d’une équipe qui tournait en rond depuis 3 ans, tout en manquant cruellement d’idées lorsqu’elle affrontait des équipes références en Europe. Après ce qu’a montré le Paris St-Germain face à Arsenal à l’aller comme au retour, on peut affirmer que le visage de l’équipe a déjà grandement évolué. Explications.

Préparation, adaptation et polyvalence comme leitmotiv

C’est toujours dans le premier quart d’heure voire la première période que l’on peut juger de la qualité de préparation d’un match par le coach. Ensuite, tout ce qui se rapporte à l’imprévu footballistique peut prendre le pas sur le match. Au vu des entames de matchs parisiennes au Parc des Princes, comme à L’Emirates Stadium, on ne peut nier que Unai Emery a parfaitement préparé son groupe aux qualités et aux défauts des Gunners. Les symboles de ses débuts tambours battants sont le but de Cavani à l’aller, ainsi qu’au retour les 3 ballons grattés dans les 30 derniers mètres par Lucas, Cavani et Matuidi dans les premières minutes du match, signe d’un pressing collectif bien préparé.

Ses choix tactiques, assez semblable à l’aller comme au retour ont posés de nombreux problèmes aux anglais quitte à faire des concessions, comme avec Krychowiak. La présence du polonais a permis de grandement limiter l’impact de Mesut Özil dans ses zones préférentielles, étant parfois obligé de se désaxer du trio Marquinhos-Silva-Krychowiak qui ne l’a pas laissé respirer. Bien que ce choix a fragilisé le PSG avec le ballon, le Polonais n’ayant pas les capacités d’organisation et de créativité de Thiago Motta. La double erreur commise sur le premier but d’Arsenal ne doit pas faire oublier tout ce que le Polonais a amené au PSG défensivement.

Autre coup de poker du Basque, la titularisation de Blaise Matuidi sur le coté gauche de l’attaque parisienne, encore une fois à l’aller comme au retour. L’international tricolore a ainsi pu mettre en avant ses qualités pour attaquer les espaces et presser sans relâche tel qu’on lui connait, sans avoir la responsabilité créative d’un milieu relayeur, ce qui est donc à son avantage. Ces deux choix combinés, ont aussi permis à Thiago Motta d’être plus à l’aise et ainsi pouvant se concentrer sur des tâches plus offensives. Dans ce registre là, l’Italien a excellé et a réalisé son meilleur match depuis de longs mois. Il a complètement contrôlé le tempo d’un choc européen et ce à 35 ans avec un physique très amoindri, une prouesse.


L’ère Blanc était marquée par l’unidimensionnalité de son plan de jeu. Qu’ils affrontent Caen ou le Real Madrid, les Parisiens semblaient aborder le match avec une seul flèche à leurs arcs qu’ils allaient (en Ligue des Champions tout du moins) répéter jusqu’à échec : La possession intempestive du ballon. Face à des équipes mieux armées individuellement, l’équipe se devait d’avoir un plan B, ce qui n’arriva jamais. En réponse à cela, le pragmatisme que pratique Emery permet au PSG de devenir plus malléable dans son approche, n’ayant pas peur de jouer les transitions face à des équipes capables de tenir le ballon (Arsenal et Lyon jusqu’ici), ou encore de presser haut et fort comme on a pu le voir dès l’entame face aux Gunners. Cette philosophie et cette approche des chocs ne garantie pas forcément plus de résultats si les individualités pêchent. À contrario collectivement ils semblent clairement plus adapter à faire chuter (ou au moins mettre en grand danger) un cador européen, dans le moule de ce qu’avait mit en place Ancelotti en 2013.

Des individualités défaillantes qui changent tout

Encore une fois, le match de ce point de vue est semblable lors des deux confrontations. Un plan de jeu excellent, une domination territoriale, technique et tactique. Malgré tout, des erreurs flagrantes viennent gâcher la prestation du PSG. À l’aller, c’est Cavani qui mange la feuille de match et empêche ses coéquipiers de s’en tirer avec une large victoire. Au retour, après 44 minutes parfaite du PSG, c’est Krychowiak qui enchaine perte de balle idiote et tacle dans la surface raté qui offre un penalty que Giroud transforme.

De ce fait, le PSG a encore beaucoup de questionnements sur son réel niveau sur l’échiquier européen, dû à des carences individuelles qui ne s’anticipent pas toujours. En phase à élimination direct, Emery pourra préparer la meilleure stratégie possible, les joueurs réaliser des mi-temps aussi abouties que la 1ère à l’Emirates, si ce genre de défaillances individuelles se reproduit, le PSG ne pourra pas franchir de cap en Europe. C’est la dure réalité d’une compétition où toutes les erreurs se payent.

Au fond, le style de ce nouveau PSG est plus à même de se démarquer dans les grands matchs, là où l’adversaire est prêt à se livrer. Et même s’il dépend encore beaucoup des réussites individuelles, le firmament de son remodelage par Unai Emery est encore loin pour le club de la capitale, ce qui laisse de beaux motifs d’espoirs pour la suite et c’est le plus important.

Pin It on Pinterest

Plus dans Football, Review, Sport
Le phénomène Joel Embiid

Fermer