Non, Dikkenek et La Famille Bélier ne sont pas les seuls succès du cinéma belge.

Depuis quelques années, le cinéma belge s’offre un renouveau cinématographique des plus notables. Jusqu’aux années 2000, le succès des long-métrages flamand ne s’étend qu’en Flandre. Les films belges ne sont que très peu reconnus en France et autour du monde. Les temps ont changé, et le cinéma belge s’est complètement exporté au-delà de ses frontières.

On distingue le cinéma wallon du cinéma flamand, premièrement de par la langue, mais aussi de par l’ambiance. Néanmoins, la qualité des images reste tout autant impressionnante.

En Wallonie, les films des frères Dardenne connaissent un impact international. Certains de leurs projets sont présentés au Festival de Cannes, comme Rosetta en 1999 ou encore L’Enfant, 2005, tous deux remportant la Palme. Leur cinéma s’enracine dans la région de Seraing ; grandissant à Liège, les deux cinéastes ont la volonté de filmer des zones industrielles, des zones de leur enfance commune. Premièrement, les deux frères entrent dans le monde du cinéma en réalisant des documentaires ; Le Réel ne Répond Plus. Puis, il s’inscrivent dans le monde fictionnel du mouvement ouvrier belge, et des long-métrages dramatiques, et sortent une dizaine de films entre 1990 et 2016. Leur dernier film, toujours à l’affiche est La Fille Inconnue. Et prochainement sortira un projet sur le terrorisme.

Festival de Cannes 2016 La Fille Inconnue

Festival de Cannes 2016 La Fille Inconnue

Vincent Lannoo est un réalisateur majeur des années 2000. Relevons juste Strass du cinéaste.  Influencé par le mouvement danois, et dont le précurseur est le célèbre Lars Von Trier – Melancholia, Antichrist – et Thomas Vinterberg – Jagten avec Mikkelsen – , Vincent Lannoo s’inscrit comme le premier réalisateur belge sous le mouvement Dogme95. Le but du Dogme est de revenir à un cinéma expressif, original, dépouillé d’esthétique. Lanno met en scène un professeur d’art dramatique dangereusement atypique.

Entre comédie dramatique et documentaire, le cinéma belge nous offre un réalisme ahurissant.

Benoit Poelvoorde, André Bonzel et Rémy Belvaux signent en 1992 C’est arrivé près de chez vous. Peu connu, ce film juxtapose le thriller du documentaire, encore une fois. Néanmoins, c’est ironiquement un faux documentaire, présenté par Belvaux à l’INSAS comme film de fin d’études. Par manque de moyens, le film est tourné en noir et blanc, et notons que la plupart des figurants – dont Benoît Mariage – ont participé et joué gratuitement.  Les trois jeunes réalisateurs filment une petite équipe de journalistes qui tournent un reportage sur un homme qui gagne sa vie en tuant. Accueilli avec grand succès, Benoît Poelvoorde restera la seule figure célèbre du film.

“Grâce au talent, à l’audace et à l’inventivité de ses auteurs, l’ouvrage dépasse les lois du genre pour offrir une réflexion vivante sur la représentation de la violence au cinéma” Positif, 1992

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C’est arrivé près de chez vous, 1992

Benoit Poelvoorde a joué dans de nombreux films, tels que Le Tout Nouveau Testament, ou encore Kill Me Please. Acteur majeur, il s’est inscrit comme l’un des meilleurs de la décennie, alliant le rôle d’alcoolique, de Dieu, de punk à chien,  et de dépressif.

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Le nouveau testament, 2015

Malgré l’essor du cinéma wallon en Europe, le cinéma de la communauté flamande traverse avec difficulté la frontière linguistique. “A la fin des années 80, on reconnaissait un film flamand à ses paysans, ses chevaux et son public invisible” disait Dirk Impens,  producteur de plusieurs films notables flamand. En effet, le septième art de la Terre Irrégulière n’intéressait presque personne, hormis les habitants, et encore… En une décennie, depuis le début des années 2000, la Flandre a connu une “révolution cinématographique”, constituée de thriller à couper le souffle, de drames insoutenables mais aussi de comédies hilarantes dominées par une langue mixant anglais, français et néerlandais.

La Merditude des Choses est un film de Felix Van Groeningen, sorti en 2009. C’est en quelque sorte le film précurseur de cette révolution évoquée ci-dessus. Mettant en scène des acteurs inconnus au grand public, le long-métrage signe une continuité “d’emmerdements” pour Gunther Strobbe, qui tente en vain de s’en débarrasser. Cette comédie dramatique montre que le cinéma flamand peut aussi être intelligemment productif. S’en suit Alabama Monroe, et récemment Belgica, qui démontrent totalement cette théorie du renouveau par Van Groeningen, mais ce ne sont pas les seuls succès flamands.

La merditude des choses, 2009

La merditude des choses, 2009

Bullhead réalisé par Michaël R. Roskam en 2011 est un film policier. Matthias Schoenaerts joue comme premier rôle, et obtient un succès fulgurant, notamment au Danemark, en France, mais aussi aux Etats-Unis. Le film est à de multiples reprises récompensé, mais est aussi nominé aux Oscars 2012. Difficile de résumer sans spoiler ; Jacky est propriétaire de bétail dans la province de Limbourg, et est au coeur d’un trafic d’hormones bovines. Cruellement imaginé, Bullhead nous tient en haleine jusqu’à la dernière minute.

Dernièrement est arrivé dans nos salles Les Ardennes. Sorti en 2015, et dont le réalisateur est Robin Pront, le film est belgo-néerlandais. Ce thriller nous plonge dans une ambiance très lourde, au coeur d’un conflit entre frères, et une romance interdite. Le spectateur assiste à des scènes violentes, inattendues, colorées de musique stéréotypée belge des 90’s ;   https://www.youtube.com/watch?v=GqIHVJX8HRU.

Sans doute le chef d’oeuvre flamand de 2015, le film n’est pas passé inaperçu.

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L’audiovisuel belge évolue est devient de plus en plus indépendant. Entre documentaires, essais comiques ou encore fictions sanglantes, il nous tarde de connaître ce monde auparavant renfermé.

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