Coloring Book est le troisième album de l’artiste américain, aux tonalités hip-hop et gospel. Sortie le 12 mai sur Apple Music, c’est une des plus belles perles du printemps dernier. Le petit protégé de Kanye West a placé la barre haute.

Un album très attendu

L’attente fût longue entre son deuxième album solo Acid Rap sorti en 2013 et la sortie de Coloring Book en 2016. Disponible exclusivement à l’achat sur Apple Music jusqu’au 27 mai, l’album était très attendu sur les plateformes de streaming. Ce qui explique pourquoi Coloring Book s’est placé numéro 8 dès sa sortie. L’album est le premier à être dans le top 10 grâce (presque uniquement) au streaming, avec 57,3 millions de streams soit l’équivalent de 38 000 albums vendus uniquement lors de la première semaine après sa sortie !

Un éternel enfant

Rien que le titre de son album donne le ton : Coloring Book / Livre de Coloriage. On sait tous que grandir a sa part de négativité et Chance The Rapper, Chancellor Bennett de son vrai nom, nous le rappelle dans son album. Tout son album est bourré de double-sens, qui échappent parfois à certains… Same Drugs illustre parfaitement cette nostalgie mais le morceau ne parle pas de drogues, contrairement à ce qu’il laisse croire. Chance The Rapper, visiblement agacé que son morceau ne soit pas compris à son vrai sens, réagit avec un simple tweet :

Same Drugs parle en fait d’une relation que Chance a eu avec une fille quand il était plus jeune, et il nous fait part de sa nostalgie, et de sa réflexion à propos de tout ce qu’il a perdu en grandissant. Atteint du syndrome de Peter-Pan, Chance utilise de nombreuses allusions au films Hook (ou la Revanche du Capitaine Crochet).

Des références cinématographiques et musicales

Coloring Book fait référence à des choses que tous les enfants des années 90 ont connu. C’est ça qui fait (en partie) la subtilité de cet album, mais c’est pourtant ça qui vous a échappé. Chance a placé au moins une référence dans presque tous les morceaux de l’album.

no problems

“Boy, I’m at your head like Craig did Deebo” : référence à Friday (1995), film dont le scénario a été écrit par Ice Cube.
“Petey Pablo, take your shirt off / Wave ’round your head like a helicopter” : référence au son de Petey Pablo, Raise Up, sorti en 2001.

“Aye, aye, captain” : référence à Bob l’éponge
“I’m Uncle Luke with the hoes” : référence à Luke (Luther Cambell) qui était un membre de 2 Live Crew (groupe des années 1980-1990)

summer friends

“Ice cream truck and the beauty supply / Blockbuster movies and Harold’s again” : référence à Blockbuster Video. C’est une chaîne de magasins de location de DVD et de jeux vidéos créée en 1985 mais disparue en 2014.

blessings

“Dying laughing with Krillin saying something ’bout blonde hair” : référence à Dragon Ball Z (classique), de plus il compare se compare, ainsi que Vic Mensa à Gotenks.

same drugs

Plusieurs références à Peter Pan (expliquées dans la vidéo de Rap Genius ci-dessus).

mixtape

“Told my momma third grade I’d be in the third Barbershop” : référence au film Barbershop sorti en 2002, qui a connu 2 suites (Barbershop 2 en 2004 et Barbershop 3 en 2016)

angels

“I ain’t change my number since the seventh grade” : pas vraiment une référence en soit, mais elle s’applique pour beaucoup d’entre nous, car nous sommes nombreux à ne pas avoir changé de numéro de téléphone depuis la cinquième (équivalent du septième grade) ou alors depuis notre premier téléphone.

how great

“Electrify the enemy like Hedwig til he petrified / Any petty Peter Petigrew could get the pesticide” : référence à Harry Potter, car Hedge meurt et Peter Pettigrow se fait transformer en rat.

“I was lost in the jungle like Simba after the death of Mufasa / No hog, no meerkat, hakuna matata by day” : référence évidente au Roi Lion.
“But she was always there when I needed to phone a friend or use a life line” : référence au jeu Qui veut gagner des millions ?, plus précisément au joker qui nous permet d’appeler un ami quand on ne connaît pas la réponse.

finish line

“Scars on my head, I’m the boy who lived” : encore une fois une référence à Harry Potter.
“Gimme the water / I need the kind from Space Jam” : référence au film Space Jam, grand classique des années 90, avec un clin d’œil au “secret” de Micheal Jordan qui était finalement une simple bouteille d’eau.

blessings

“Call me Mister Mufasa, I had to master stampedes : référence au moment (sûrement le plus triste de votre enfance) où Scar laisse tomber Mufasa…

Un Kanye West amélioré

L’intro de Coloring Book, All We Got, est la continuité du ton gospel de l’intro de The Life Of Pablo, Ultrlaight Beam, dans laquelle Chance apparaît aussi. Les deux intros parlent de musique, de petite amie et de religion. Dans Ultralight Beam, Chance nous fait subtilement comprendre que l’élève dépasse le maître : “I met Kanye West, I’m never going to fail.” / J’ai rencontré Kanye West, je ne vais jamais échouer. Et il n’a même pas tord !
Chancellor n’avait pas seulement collaboré avec Kanye sur Ultralight Beam, mais aussi sur Waves et Famous. Kanye West n’a finalement pas choisi les versions avec Chancellor pour l’album… Un erreur de la part de Yeezus, car la manière dont Chancellor aborde ses morceaux est totalement différente de celle de l’album, et donne une dimension bien plus spirituelle et bien plus douce.
Que ce soit sur ses collaborations ou sur son propre album, Chance The Rapper a réussi là ou Kanye West a échoué : sortir un album spirituel, cohérent et propre.

Un projet avec Kanye

Le 21 septembre, Chance The Rapper a révélé qu’un projet était prévu avec Kanye West.
“It’s definitely far from done. The Good Ass Job, that’s something that’s just been a dream for me. I’m a Chicago kid, so I’m a super Ye fan.” / C’est vraiment loin d’être fini. Good Ass Job c’est un truc qui a été comme un rêve pour moi. Je suis gosse de Chicago, alors je suis un super fan de Ye (n.d.l.r. Kanye West).

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