« C’est probablement la décision la plus importante de votre vie, faites en sorte qu’elle serve à quelque chose. Votez mardi 8 novembre. #imwithher #fucktrump. »

C’est par une photo, accompagnée de ce texte, que la marque new-yorkaise a aujourd’hui appelé à voter pour Hillary Clinton (le hashtag #imwithher étant celui du ralliement à la candidate démocrate) tout en plaçant à l’endroit de Donald Trump le hashtag #fucktrump que l’on pourrait sobrement traduire par « Trump on t’encule ».

(De gauche à droite) : Alex Olson, Jason Dill, Sage Elsesser, Tino Razo, égéries Supreme de la collaboration Fuck Trump

La marque phare du monde du streetwear actuel prend là une prise de position inédite. Fondée en 1994, elle compte plus de 2,9 millions d’abonnés sur Instagram et de 1,3 millions de mentions J’aime sur Facebook. Supreme se gardait généralement bien de prendre position sur tous les sujets politiques à travers des posts sur les réseaux sociaux, qui atteignent de par leur vitalité beaucoup plus de monde que leurs habits, se bornant par exemple à Londres à appliquer les consignes de la mairie quant aux règles du tapage nocturne vis-à-vis des camps qui s’y déroulaient auparavant, sans même apparaître en colère contre la mairie qui empêchait son mode de fonctionnement de perdurer. La prise de position peut surprendre d’autant que Supreme ne parlent absolument jamais si ce n’est pour annoncer leurs collections ou souhaiter un bon anniversaire à leurs riders. S’ils ne prennent pas position aux travers de messages viraux, ils sont cependant très engagés, ce que l’on peut observer sans effort dans leurs collections successives, où de nombreuses pièces sont politisées. 

Unamerican t-shirt

“Supreme n’est pas américain” : l’oncle Sam empêche un afro-américain de s’exprimer (S/S 14)

Cette annonce peut avoir une incidence importante de par le profil des adeptes de la marque : les clients de Supreme sont jeunes, correspondent dans une certaine mesure au proverbe de la marque du « Fuck You We Do What We Want » (on t’emmerde, on fait ce qu’on veut) bref, ce ne sont pas les plus susceptibles d’aller voter. Au-delà de la capacité de la marque à ramener certains jeunes dans les bureaux de vote, de par son influence immense dans le lifestyle actuel de tout ses suiveurs, Supreme ne fait pas cette annonce au hasard : les élections ont lieu mardi, et si Trump venait à être élu, ce serait un Président aux valeurs complètement opposées à celles du skateshop le plus célèbre du monde qui prendrait place dans le Bureau oval de la Maison blanche.

Au-delà des lobbies de la Silicon Valley, Supreme est l’une des premières marques avec une telle notoriété à appeler publiquement à voter pour Clinton. Ils affirment ainsi encore un peu plus sa position de trendsetter dans l’opinion de la jeunesse hype, et l’on peut s’attendre à voir les hashtags #fucktrump se multiplier sur les comptes lifestyle pullulant sur Instagram, et ce rien que du fait du post de Supreme.

Il est rare que des marques prennent position sur des questions politiques aussi clivantes, les grandes marques préférant en général soutenir des causes leur apportant une plus-value marketing, comme lorsque Starbucks lance des campagnes anti-racisme par exemple. Seule la marque Lady Grey, dans le monde de la bijouterie, avait décidé de s’en prendre à Trump en reversant toutes les recettes d’une commande effectuée par Ivanka, la fille de The Donald, à une organisation défendant des idées contraires à celles du magnat de l’immobilier.

Supreme marque là une prise de position forte : quitte à perdre des clients (mais il est vrai qu’ils n’en manquent pas), elle apporte son soutien à la très controversée Hillary Clinton, et bousille Trump en un seul hashtag.

« Fuck You We Do What We Want »

 

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