Disponibles depuis le 12 août sur Netflix, les 6 premiers épisodes de la saison 1 ont fait un véritable carton. The Get Down c’est LA série qui raconte les débuts du hip-hop dans le Bronx qui, à l’époque, se résume à des décombres de quartiers entiers laissés à l’abandon, à la criminalité et à la pauvreté des populations latinos et noires. Pourtant, de véritables génies des platines, rois de leur block, sont mis en scène, tels que Grandmaster Flash, Afrika Bambaataa et Kool Herc. Ce sont eux qui inventent le son des décennies à venir, que personne n’appelait encore « hip-hop » en 1977.

Une série historique et un nid à références en plus d’une comédie musicale

Du grain, des images faussement patinées par le temps, des vinyles à foison, des chorégraphies à chaque épisode…
Nous sommes plongés au temps des coupes afro, des couleurs symboliques de 1977, l’énorme succès du disco jusque dans les boîtes de nuit du Bronx, graffitis partout sur les métros… Tous les décors, toutes les tenues et toutes les musiques sont raccord. En plus de cet aspect historique déjà très bien respecté, la série reprend des événements clés de l’été 1977 (la vague de chaleur qui a écrasé la ville et la grande panne d’électricité du 13 et 14 juillet). New York, plus particulièrement le Bronx, est montré comme il était à l’époque : dangereux, sale, étouffant, repoussant, très loin du New York que nous connaissons tous aujourd’hui.
Des références de base du monde du hip-hop sont aussi un des files conducteurs de cette série : le Chelsea Hotel, l’influence des clubs gays sur les maisons de disques, comment caler le breakdown avec un crayon gras, pourquoi le disco a imposé des tables de mixage 24 pistes, et les véritables images-archive de gangs… Et ce ne sont que les références principales et les plus flagrantes, sinon la liste serait très, très longue.

The Get Down

Du hip-hop, mais pas que

Tandis que Zeke (protagoniste) nous plonge dans l’univers du hip-hop, Mylene (son amoureuse potentielle) choriste dans une église baptiste portoricaine dotée d’une voix de diva, nous plonge quant à elle dans la toute-puissance du disco des années 70. Mylene veut percer dans le monde du disco, elle fait appel à un producteur doué mais douteux, elle produit un disque qui finit par connaître un véritable succès dans la série, mais aussi en dehors de celle-ci.
La politique est également présente : le boss politique local pose la question de la réhabilitation du Bronx. En étant totalement aspiré dans cette série, nous nous sentons obligés de prendre position face à cette problématique, ce qui renforce d’autant plus le lien affectif avec les Get Down Brothers qui sont principalement présents dans les décombres du quartier.

Plus de 7 millions de dollars par épisode

The Get Down se range donc parmi les trois ou quatre séries les plus chères de l’histoire de Netflix, devant Marco Polo, avec un budget monstrueux d’environ 120 millions de dollars au total.
Le budget initial étant de 7,5 millions de dollars, il a largement été dépassé. La réalisation de la série a été marquée d’épreuves, de malchance et de dépenses. Les raisons sont, en fait, expliquées par le mode narratif, l’esthétisme (des costumes et des décors) travaillés dans les moindres détails et la mise en scène, qui sont tous totalement inédits dans le domaine de la série télévisée.
“The mechanism that pre-existed to create TV shows didn’t really work for this show. At every step of the way there was no precedent for what we were doing.” / Le dispositif qui existait déjà pour créer des séries TV ne marchait vraiment pas pour cette série. À chaque étape de la création il n’y avait pas d’antécédents pour ce que nous faisions.
The Get Down, projet du réalisateur Baz Luhrmann (également connu pour avoir réalisé Gatsby, Le moulin rouge, Roméo + Juliette) a été accepté par Netflix il y a déjà 3 ans. Mais Sony (producteur de la série) ne voulait pas garder ce réalisateur, ce qui a causé de nombreux contretemps. Netflix n’a pas cédé pour autant et a gardé Luhrmann malgré les quelques fautes de goût qu’il a pu commettre suite à ses extravagances.
En une phrase, Netflix n’était pas assuré de s’en tirer avec un chef-d’œuvre au bout du compte. Un projet très quitte ou double mais qui, finalement, fait le charme de The Get Down.

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Deuxième petit bijou de Netflix après Stranger Things, Netflix semble avoir le flair pour valider les projets inédits, et tant mieux pour nous.

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