Ce samedi, à la Manchester Arena lors de l’UFC 204, l’anglais Michael Bisping (37 ans, 29-7) défendra son titre mondial des poids moyens contre son vieux rival Dan Henderson (46 ans, 32-14) dans un des combats de championnats les plus improbables de l’histoire de l’UFC, sept ans après leur première rencontre.

Michael Bisping gagne sa place à l’UFC en 2006 en gagnant la troisième saison de l’Ultimate Fighter en poids lourds légers, devenant ainsi le premier grand nom du MMA anglais ainsi qu’un bon espoir de premier titre britannique. Ses débuts montrent du potentiel mais après une victoire très controversée face à Matt Hamill ainsi que la première défaite de sa carrière contre Rashad Evans (qui deviendra champion 2 combats plus tard), il décide de descendre en poids moyens, une catégorie qui convient mieux à son gabarit que les lourds-léger où malgré une excellente défense au sol et une grande capacité à rapidement se relever, il a des problèmes avec la lutte de ses adversaires qui l’amènent au sol trop facilement.

En poids moyens, l’Anglais semble avoir trouvé sa place et après trois victoires il obtient la plus grosse opportunité de sa carrière, revenant à l’Ultimate Fighter cette fois ci en tant que coach de l’équipe anglaise contre la team USA menée par la légende Dan Henderson qu’il affrontera à l’UFC 100, le plus grand événement de l’histoire de l’organisation, avec une chance pour le titre à la clé en cas de victoire.

Il faut savoir que si Bisping est déjà à l’époque une star en Angleterre, il est détesté par le reste du monde. Son arrogance, son trash talk, sa victoire controversée sur Hamill, et son statut de star anglaise perçue comme protégé par l’UFC, font de lui le combattant que les fans adorent détester.

Le 11 juillet 2009 au Mandalay Bay de Las Vegas, la grande majorité des gens sont là pour voir Dan Henderson, l’un des héros du MMA américain, fermer la bouche de l’anglais.

C’est exactement ce qui arriva, Bisping, qui aime boxer à distance, n’a à l’époque ni la force de frappe, ni le jeu de jambes nécessaire pour maintenir Henderson à distance. Au deuxième round il est foudroyé par une droite d’une violence incroyable. Victime d’un des K.O les plus brutal de l’histoire, dans son combat le plus important.

“Mesdames et messieurs, veuillez attacher vos ceintures, la H-Bomb prépare son atterrissage”

Le rêve de Bisping de devenir le premier champion anglais de l’UFC semble s’éloigner. Il gagne son combat suivant puis perd à nouveau par décision contre le légendaire Wanderlei Silva, en faisant un voyage au tapis lors des deux combats, ajoutant aux railleries, la réputation d’avoir un menton en verre.

Pourtant comme après sa défaite face à Evans, Bisping revient plus fort, travaillant énormément sur ses failles défensives, il gagne 4 combats de suite, livre certaines de ses meilleures performances et en 2012 il est à nouveau à un combat d’une chance pour le titre d’Anderson Silva. Mais encore une fois il s’incline par décision dans un combat très serré contre Chael Sonnen. Il alterne ensuite victoires et défaites jusqu’en 2014 ou à 35 ans, sa défaite par soumission contre Luke Rockhold semble mettre un terme définitif à ses chances d’un jour réaliser ses rêves de titre.

Bisping paraît destiné à voir sa carrière décliner en affrontant d’autres stars vieillissantes, ainsi que servir de « test » pour les étoiles montantes de la catégorie. En février 2016, son combat contre Anderson Silva, qui était le champion de la catégorie pendant la majeure partie de la carrière de Bisping, apparaît comme un lot de consolation. Silva, à 40 ans n’est plus le champion intouchable qu’il a été, toute fois il offre à Bisping la chance de se mesurer à celui qu’il n’a jamais pu affronter pendant son règne.

Les deux vétérans se livrent un grand combat et Bisping créa une petite surprise en s’imposant par décision.

Quelques mois plus tard, Chris Weidman se blesse deux semaines avant sa revanche pour le titre contre le dernier vainqueur de Bisping, Luke Rockhold, qui est depuis devenu champion en décembre 2015. Bisping étant l’un des seuls poids moyens disponible, obtient enfin une chance de combattre pour le titre. Seulement deux semaines de préparation contre un adversaire qui l’a déjà battu, dans ces conditions personne ne donne à Bisping la moindre chance de s’imposer.

Pourtant le Britannique et son coach, l’excellent Jason Parillo, voient une faille dans le style de Rockhold. Le champion gaucher défend mal les crochets gauches. Ils axent toute leur courte préparation sur celui-ci et le soir du combat, à la surprise générale Bisping l’utilise pour mettre KO le champion et devenir près de 10 ans après ses débuts à l’UFC, champion. Énorme consécration après des années à lorgner sur un titre qui sembla pendant longtemps hors de portée de l’anglais.

Bisping aura l’opportunité lors de l’UFC 204, pour sa première défense de titre de venger sa défaite la plus célèbre et la plus humiliante, le KO contre Dan Henderson.

Pour sa part, Dan Henderson est, comme mentionné plus haut, une légende du MMA. Double champion du Pride, quand l’organisation japonaise abritait la quintessence du sport. Lutteur olympique et puncheur extraordinaire avec des victoires par KO contre notamment Wanderlei Silva, Shogun Rua et le grand Fedor Emelianenko. Pourtant, bien qu’il ait été champion dans toutes les autres organisations où il est passé, un titre à l’UFC lui a toujours échappé. Deux défaites lors des combats d’unifications de ses ceintures du Pride avec celles de l’UFC, une dispute contractuelle et une blessure l’ayant privé des 2 autres combats pour le titre qu’il avait mérité, suite à son KO sur Bisping en 2009 et sa victoire sur Shogun en 2011 dans l’un des plus grands combats de l’histoire.

Depuis 2011, sa carrière est clairement sur le déclin, gagnant seulement 3 de ses 9 derniers combats avec trois défaites par KO, les premières en près de 20 ans de carrière à affronter les meilleurs, des poids moyens aux lourds. Malgré les défaites, un menton déclinant, et l’âge ayant diminué sa vitesse et son cardio (et soyons honnêtes, ce n’était pas non plus ses attributs majeurs), le punch lui, est toujours là, comme en atteste ses 2 dernières victoires sur Tim Boetsch et Hector Lombard.

La victoire de Bisping contre Rockhold va donner à Hendo une chance pour le titre qu’il ne mérite pas vraiment au vu de ses derniers résultats mais plutôt pour l’ensemble de sa carrière, et pour conclure en beauté une importante rivalité de l’histoire du MMA.

En ce qui concerne le combat en lui même, stylistiquement Henderson n’a pas vraiment changé depuis leur première rencontre si ce n’est que le poids des années se ressent physiquement ainsi que dans sa capacité à encaisser les coups. Mais le punch hors du commun et les compétences en clinch dues à son background de lutte sont toujours là.

Bisping quant à lui, bien que n’étant également plus de première jeunesse, a énormément évolué. Il a toujours été un combattant équilibré, bon partout et exceptionnel nul part, mais a constamment progressé tout au long de sa carrière et travaillé ses faiblesses après chaque défaites et est maintenant un très bon boxeur, doté d’un excellent jeu de jambes (qui lui faisaient défaut lors de leur première rencontre), un lutteur très compétent, et est toujours impeccablement préparé avec un cardio lui permettant de maintenir un rythme soutenu pendant tout un combat.

Dans ces conditions et compte tenu de l’âge d’Henderson, Bisping est évidemment favori et devrait s’imposer par décision ou éventuellement par un TKO en fin de combat. Mais un puncheur tel qu’Henderson sera toujours dangereux notamment en début de combat, et tout particulièrement dans le dernier de sa carrière. Remporter le titre lors du dernier combat de sa carrière serait aussi exceptionnel qu’improbable pour Dan Henderson, mais Michael Bisping est bien placé pour savoir que dans ce sport, l’improbable peut toujours arriver.

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