Investi depuis le 30 juin 2016 à la tête des Philippines, Rodrigo Duterte n’en est pas à son premier coup d’éclat médiatique. Lors d’une conférence de presse, interrogé sur les éventuelles remarques du président américain au sujet des droits de l’homme, le président philippin rétorque en affublant son homologue américain du sympathique sobriquet de “fils de pute“.

“Il faut être respectueux. Il ne faut pas se contenter de balancer des questions et des communiqués. Fils de pute, je vais te porter malheur dans ce forum”, avait-il déclaré.

Obama censés rencontrer Duterte au Laos, lors d’un sommet regroupant des pays d’Asie du Sud-Est, avait alors déclaré décliner l’invitation suite à ces insultes avant de revenir sur sa décision. Une brève rencontre à donc eu lieu entre les deux chefs d’Etat. Selon les services du président américain, les deux hommes auraient “échangé des plaisanteries”.

La mère d’Obama n’est pas la première à faire les frais des crachats du chef d’Etat de 71 ans. En mai, il avait déjà traité le pape François de “fils de pute”. La raison ? La visite du souverain pontife à Manille avait provoqué des embouteillages dans la capitale…

La grossièreté de Rodrigo Duterte est ajustée à la perfection. Dans un pays où la corruption fait rage, l’homme gère sa communication d’une main de maître. Sa forte popularité lui a permis d’obtenir le pouvoir avec 39% des voix, loin devant le libéral Mar Roxas et ses 23,5%. Durant la campagne, il ne cesse d’enchaîner les sorties populistes, allant même jusqu’à organiser un meeting gigantesque sur la place de l’Indépendance de Manille. Où des 4×4 estampillés DU30 (acronyme de “Duterte”) parcours les rues en envoyant à plein volume de la techno philippine. Debout sur les toits des voitures, des militants distribuent à la foule des tee-shirts, bracelets et autres goodies à l’effigie du candidat.

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L’homme de la situation.

Cet as de la communication s’est également construit un image d’extrême fermeté. Plusieurs rumeurs ont construit cette réputation, il aurait, selon le site Asian Correspondant, poussé un dealer depuis un hélicoptère en plein vol. Mais également fait avaler à un touriste un mégot d’une cigarette qu’il refusait d’éteindre dans l’enceinte d’une mairie.

Au-delà des rumeurs, les faits viennent appuyer cette réputation. Durant deux décennies, il dirigea la ville de Davao où il y a mené une vraie guerre contre le trafic de drogue. Entre appel au meurtre des trafiquants récompensés par une rançon de 4 millions de pesos (76 260 euros), il ne faisait pas bon d’être chef de gang à Davao… Depuis qu’il est aux commandes de l’Etat philippin, c’est près de 3 000 personnes, soupçonnées d’être des trafiquants ou des consommateurs de drogue, qui ont été tuées depuis le 30 juin. Un tiers d’entre elles sont tombées sous les balles de la police. Les autres ont été exécutées par des civils organisés en milices, directement soutenues par le “Punisher” comme aime se faire appeler Rodrigo Duterte.

A la fois défenseur du mariage homosexuel et de l’avortement puis n’hésitant pas à blaguer sur le viol d’une religieuse australienne en visite dans sa ville, Rodrigo Duterte cumule les frasques et ne compte pas s’arrêter là.

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Un doigt et ça repart.

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