Épisode 3.

Le mercato estival 2016 a fermé ses portes, une fois de plus il a offert son lot de vainqueurs, de perdants, de bonnes affaires et de gros craquages. Décryptage de l’été mancunien.

Un nouveau logo, un nouveau coach, des nouveaux joueurs, Manchester City a entamé un tournant majeur dans son projet.  En signant le catalan Pep Guardiola, le club devient instantanément l’une des plus grosses attractions de l’été et sans aucun doute le projet le plus excitant d’Europe. Le mariage fait sens, Guardiola obtient les commandes d’un club où personne ne pourra s’opposer à ses volontés à contrario du Bayern et peut jouir d’un immense budget pour construire son équipe. Le club quant-à lui, a enfin l’entraîneur capable garnir l’armoire à trophée du City of Manchester Stadium.

L’arrivé de l’ancien technicien barcelonais s’accompagne logiquement d’un gros ménage dans l’effectif et le staff. Le club a enregistré l’arrivé de 6 titulaires potentiels en la personne de Nolito, Bravo, Gündoğan, Stones, Sané et Gabriel Jesus, dans le même temps Hart, Mangala, Nasri, Demichelis, Bony et Dzeko ont quittés le club. La révolution a débuté.

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“Putain c’était moins compliqué avec Pellegrini.”

L’un des plus gros coups du mercato de Guardiola est d’avoir convaincu la perle brésilienne Gabriel Jesus de le rejoindre à Manchester, pour une transaction à hauteur de 32M€. Le joueur formé à Palmeiras est vu comme le plus gros talent brésilien depuis Neymar et était convoité par l’Europe entière. À seulement 19 ans et dans un poste variant entre ailier et attaquant de pointe il a déjà inscrit 15 buts en 34 matchs dans son pays natal. Doté d’immenses capacités d’éliminations et de vitesse, il est de plus loin d’être maladroit devant le but. De ce fait les comparaisons avec ses glorieux ainés qui ont portés la tunique auriverde ont déjà commencé. La question de son adaptation en Premier League peut se poser, mais nul doute que son prêt jusqu’en décembre à Palmeiras ainsi que l’attaque mancuniene déjà bien fournie lui laisseront le temps de s’adapter à ce nouveau contexte footbalistique.

L’autre crack ayant rejoint les rangs citizens cet été se nomme Leroy Sané. L’ancien pensionnaire de Schalke 04 a ramené son délicieux pied gauche et son statut d’international allemand en Premier League pour la coquette somme de 50M€. Ce chiffre peut faire bondir pour un garçon de 20 ans, mais le bougre a du talent plein les pieds et City de l’argent plein les poches, de plus le cas Anthony Martial a bien montré que les clubs payait d’abord le potentiel, et un potentiel comme Sané ça coute cher. Le fait que ce soit un choix de Pep doit rassurer, l’entraineur catalan est l’un des plus à même à exploiter l’étendu des capacités d’un jeune joueur. Nul doute que le germano-sénégalais sera l’une des plus grandes attractions de Premier League cette saison.main-leroy-sane-1Entre Otamendi, Mangala et Demichelis, le club manquait clairement d’un très bon relanceur, à l’aise balle au pied. Quand on connait l’importance donné par Guardiola à la qualité des transmissions, le choix de John Stones est une évidence. Parmi les jeunes défenseurs centraux c’est l’un des plus doué dans la lecture du jeu et la relance, son profil est une bénédiction pour le style de jeu que son entraineur souhaite mettre en place. Encore un peu léger dans les un contre un et l’impact physique, son âge laisse à penser qu’il progressera dans ses secteurs. Il est sans doute là le leader défensif que les « three lions » et Manchester City attendent tant.

Pour parfaire son milieu de terrain, Pep s’est offert le germano-turc Ilkay Gündoğan pour 27M€, lui qui a été l’auteur d’une saison 2015/2016 monstrueuse avec l’usine à talent qu’est le Borussia Dortmund. Yaya Touré mit au placard, la place de patron au milieu de terrain lui semble destinée. À 25 ans, et ce malgré une blessure qui va le priver des premiers mois de compétition, Gundogan est au sommet de sa carrière. N’ayant pour réel point faible que sa gestion des duels et sa faiblesse dans le domaine aérien, il demeure un milieu relayeur très complet, offensivement tout du moins. Thomas Tuchel en a fait l’un de ses cadres la saison dernière, nul doute que Pep Guardiola suivra le même chemin.

Manchester City's German midfielder Ilkay Gundogan arrives to meet members of the media at the City Football Academy in Manchester, north west England on July 3, 2016. llkay Gundogan is the first signing of the Pep Guardiola era. The 25-year-old German midfielder moved from Borussia Dortmund on a four-year contract. Gundogan has won 16 caps for Germany, scoring four goals, but is ruled out of the European Championship finals with a knee injury. / AFP / OLI SCARFF (Photo credit should read OLI SCARFF/AFP/Getty Images)

Les deux dernières recrues sont les gages de maturité et d’expérience que le mercato de Manchester City avait besoin. Claudio Bravo, du haut de ses 33 ans sort de deux années titulaire à Barcelone. Très nettement supérieur à Joe Hart dans la relance, il convient nettement mieux au profil souhaité par Guardiola. De plus ces deux années à Barcelone l’ont déjà familiarisé avec un jeu similaire à ce que Manchester City pratiquera cette saison. Arrivé pour 20M€, il assure un apport court terme dans les buts que le club avait besoin, avant peut être de se tourner vers un jeune portier l’été prochain.

La dernière recrue se nomme Nolito, cet ailier espagnol de 28 ans qui s’est révélé tardivement aura un rôle crucial de part l’importance que donne son entraineur au duel en un contre un sur les ailes, de plus c’est le seul réel spécialiste au poste d’ailier gauche dans l’effectif mancunien. Arraché au Celta Vigo pour 18M€, dans l’immédiat il complètera le trio offensif déjà composé de Aguero et Sterling, avant que Sané et Jesus ne vienne probablement perturber cette hiérarchie.

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Le cauchemar des défenses de Premier League.

Côté départ, rien d’illogique, Hart, Mangala et Bony ne sont pas des profils désirés par Guardiola, Dzeko possédait une option d’achat obligatoire à la Roma et Demichelis arrivait en fin de contrat et subissant le poids des années, c’est fort logiquement que le club n’a pas souhaité le renouvelé. Nasri quant-à lui est arrivé en surpoids et désirait s’assurer une place de titulaire ailleurs.

Le mercato de Manchester City est donc une franche réussite, le club repart sur des bases qui lui assure un futur radieux. Les fans peuvent légitimement rêver d’une victoire en Ligue des Champions dans les années à venir. À la manière du voisin rouge, les Citizens ont réalisé l’été parfait. On peut déjà saliver en pensant aux derbys de Manchester, et ça commence dès samedi avec des retrouvailles entre les deux meilleurs ennemis d’Angleterre qui s’annoncent explosive.

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