Épisode 1.

Le mercato estival 2016 a fermé ses portes, une fois de plus il a offert son lot de vainqueurs, de perdants, de bonnes affaires et de gros craquages. Décryptage de l’été parisien.

Tout a commencé par un coup de tonnerre, le 13 mai, par un tweet rempli d’une humilité qui lui est propre, Zlatan Ibrahimovic annonce son départ du PSG en fin de saison. Choix fort de la part du club parisien de ne pas prolonger son contrat, signe d’un cycle qui touche à sa fin. Cette fin de cycle prend tout sens lorsque le 27 juin, le club de la capitale annonce s’être séparé officiellement de Laurent Blanc et introduit rapidement Unai Emery comme successeur. La tâche est lourde pour le Basque, faire passer un cap à un PSG orphelin du géant suédois ne sera pas chose facile.

Le mercato prend ensuite une tournure claire, faute de star disponible sur le marché, le club cible des profils biens particuliers et souhaite à la manière de l’Atletico Madrid mettre le collectif au premier plan. Ben Arfa en fin de contrat, Meunier pour 7M€, Krychowiak pour 33M€ et enfin Jesé pour 25M€. Pas de star donc, mais des profils intéressants qui trouveront sens dans l’édifice du coach Emery.

Ben Arfa sort d’une saison brillante avec Nice, malgré une carrière parsemé d’embûche, son expérience niçoise lui a permit d’enfin montrer l’étendu de son talent. Parisien de naissance et de coeur et étant en fin de contrat, ce transfert semble être une bonne idée.

Meunier est un latéral au profil très offensif, attaquant de formation et aimant repiquer dans l’axe pour apporter le surnombre, il colle parfaitement à l’idée qu’Emery se fait des latéraux. Son âge, son statut d’international belge, son profil et son prix très abordable font de lui une doublure qui fait sens.

Krychowiak est l’homme de confiance de l’entraineur basque, titulaire dans le double pivot sévillan, le Polonais est un milieu défensif au profil d’abord destructeur de par son gros volume défensif, mais aussi capable d’organiser la relance comme il le montre régulièrement avec la Pologne. Un homme qui connait déjà bien le coach parisien, la Ligue 1 et qui offre un profil très complémentaire à Thiago Motta dans la rotation, bénéfique donc.

Jesé représente quant-à lui un excellent profil de joker, habitué à rentrer en cours de jeu en rotation de Bale, Benzema ou Ronaldo, l’espagnol est capable d’exprimer son talent à plusieurs postes et connait bien le haut niveau, puisqu’à 23 ans il cumule déjà 14 matchs de Ligue des Champions et 57 de Liga BBVA.

mercato psg

Le visage du PSG version 2016/2017.

Numériquement, Meunier remplace Van Der Wiel, Krychowiak remplace Stambouli, Ben Arfa remplace Lavezzi et Jesé apporte une cartouche offensive supplémentaire. Jusque-là on peut ainsi qualifier le mercato parisien de positif.

Malheureusement les choses vont se gâter. Premier hic de l’intersaison parisienne est l’incapacité à trouver une concurrence sérieuse à Edinson Cavani. L’Uruguayen est connu pour ses passages à vide très incompatible avec la volonté du PSG d’aller loin en Europe. Miser seulement sur l’ancien Napolitain pour assurer le rendement de l’attaque parait être un pari très risqué. Ben Arfa et Jesé sont capable de dépanner à ce poste, mais ils ne représentent pas de réelles menaces au statut de titulaire de Cavani.

L’incohérence de recruter un directeur du football 1 mois après le début du mercato pourrait aussi être souligné mais on laissera le bénéfice du doute à Patrick Kluivert qui semble être pleins de bonnes volontés. Le problème ici étant plutôt la bluffante capacité du président Nasser Al-Khelaïfi à régulièrement nous prouver qu’il navigue complètement à vue dans sa gestion du PSG. (La prolongation de Blanc en février avant de le licencier en juin était déjà une solide preuve)

blaisou

La tête d’un mec qui va manger du banc.

La cerise sur le gâteau de la médiocrité demeure la gestion des cas de Blaise Matuidi et David Luiz. Tout d’abord Matuidi, un temps annoncé partant, le joueur rentre en contact très avancé avec la Juventus Turin. Mini Raiola à la baguette, on pense le transfert conclu fin août, avant que Nasser ne fasse volt-face et refuse de vendre l’ancien Stéphanois. D’un point de vue sportif, c’est un choix compréhensif quand on se remémore les récurrents problèmes de profondeur de banc qu’a subit le PSG dans ses différentes campagnes européennes. Le problème ici est l’absence de discernement et de choix clairs poussant ainsi le club à garder un joueur contre sa volonté alors que son départ semblait être une formalité quelques jours plutôt. Matuidi va-t-il trainer son spleen turinois toute la saison ? Le temps nous le dira. Thiago Silva est connu pour sa fragilité, Presnel Kimpembe a découvert le haut niveau très récemment, Marquinhos de part son statut d’international brésilien voyage régulièrement à l’autre bout du globe et risque donc d’accumuler fatigue et blessures. Sous ses conditions on pouvait légitimement penser que la force de l’effectif résidait en partie dans le fait d’avoir 4 défenseurs centraux capable d’évoluer au haut niveau.

Et bien non. Le 31 août, contre toute attente, Chelsea réalise l’exemple parfait d’un « panic buy » en rapatriant le fantasque brésilien David Luiz contre 40 millions d’euros. Dans les faits, vendre un défenseur de 29 ans, pas toujours fiable pour une telle somme reste une bonne vente, mais c’est dans la manière que la déception est totale pour les fans parisiens. Comment le club peut-il envisager de lâcher un joueur majeur de sa rotation le dernier jour du mercato sans le remplacer, tout en se disant candidat à la victoire finale en Ligue des Champions ?

Ce mercato parisien qui avait si bien débuté avec la nomination d’Emery, laisse donc un goût amer. La sensation que le club ne sait pas vraiment où il va. Avec un effectif plus faible qu’il y a 1 an, le PSG devra batailler plus que jamais pour s’affirmer en Europe, et ça commencera dès le 13 septembre avec la réception d’Arsenal. Bon courage Unai.

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