Aujourd’hui se tenait la rentrée politique de Marine Le Pen, qui lançait ainsi son année électorale dans un premier grand discours qui se déroulait à Brachay.

Son discours justement, s’il reste conforme aux grands principes du Front National (FN), semble indiquer des inflexions et une stratégie politique nouvelle : Marine Le Pen a décidé de passer au delà du plafond de verre et pour ce faire, elle compte se positionner à gauche de Nicolas Sarkozy. Une droite dure mais qui n’est plus extrême.

On observe depuis plusieurs mois chez Marine Le Pen une volonté de se faire discrète, presque modérée. Au lendemain des attentats de Nice, elle s’est ainsi placée à gauche de Sarkozy, qui appelait à « l’internement des fichés S », ce à quoi la leader frontiste s’est opposée.

C’est tout l’enjeu pour le FN en cette année électorale, car ses responsables en sont conscient, s’ils ne parviennent pas au pouvoir à la prochaine présidentielle, ils n’y parviendront probablement jamais.

Elle joue aujourd’hui la carte de la responsabilisation, présidentialisant son image pour enfin dépasser le plafond de verre du premier tour : c’est tout l’enjeu pour le FN en cette année électorale, car ses responsables en sont conscient, s’ils ne parviennent pas au pouvoir à la prochaine présidentielle, ils n’y parviendront probablement jamais.

Cependant, comment concilier la clientèle extrémiste du parti et l’électorat plus traditionnel des partis de droite ainsi que des déçus de la gauche et de l’extrême gauche ? La réponse qu’apporte Marine Le Pen à cette question n’est pas inattendue, mais elle en dit long sur sa stratégie pour la campagne présidentielle.

Dès aujourd’hui, et pendant les 9 mois nous séparant du second tour, la soupe frontiste sera une soupe franco-française : la préférence nationale, sans excès, en gommant toutes les composantes xénophobes qui composent le board du parti, un discours populaire pointant comme coupables l’élite politique française et les instances européennes.

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À la kermesse du Parlement européen.

Elle appellera, comme d’habitude, au rejet du communautarisme (comprendre : le supposé communautarisme musulman) pour maintenir à flots le noyau dur sur lequel le FN a prospéré ces 20 dernières années, mais sans viser une communauté en particulier, à la suppression du « droit du sol » qui relèguerait « notre nationalité à une simple situation administrative », justifiant ainsi ses propositions par des propos techniques où les plus extrémistes retiendront la suppression du droit du sol, et où les plus réticents retiendront l’analogie entre la nationalité et la simple situation administrative : tout le monde en a pour son vote.

Ce qui peut être plus surprenant, c’est que les constats du FN, maintenant largement diffusés, s’accompagnent désormais d’une rhétorique à tendance presque « humaniste » et d’une stature qui se veut présidentielle. Ainsi, Mme Le Pen a déclaré cet après midi que « Présider, c’est conduire une Nation vers son unité, sa prospérité, son rayonnement politique et culturel », refusant ainsi les critiques qui décrivent son programme comme diviseur et malsain.

À ce discours, parfois centriste, parfois droitier mais jamais outrancier comme on avait pu le voir par le passé, va s’ajouter une campagne de communication qui aura pour objet d’adoucir l’image du Front national, gommant la flamme du logo sur les affiches, tentant de donner à Mme Le Pen l’image d’une mère de la nation, responsable, attentive à la situation des plus faibles et en mesure d’obtenir le pouvoir suprême.

Maintenant que le Brexit est une réalité, Marine Le Pen compte également s’appuyer sur ce fait politique outre-Manche pour répondre à ses opposants politiques qui lui disaient que son projet de sortir de l’Union Européenne était impossible, ce qui va encore un peu plus crédibiliser son discours.

S’il est un enseignement à tirer de ce discours, c’est bien que Mme Le Pen est au final comme les autres : pas de consistance idéologique, prête à mentir pour ratisser plus large dans l’électorat, une femme politique en France en 2016, quoi.

En fait, elle a sûrement hésité à prendre sa carte au MoDem avant de faire sa rentrée politique et de lancer sa campagne.

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