La deuxième saison de Narcos est sortie sur Netflix, au milieu de l’euphorie générale peu connaissent le rapport étroit entre Escobar et le ballon rond. Flashback, là où narcotrafic et football enchaînaient les une-deux sur les pelouses colombiennes.pablo-escobar

A la fin des années 70, une crise économique traverse le football colombien. Celui qui est alors la 7ème fortune de la planète devient l’actionnaire principal de l’Atletico Nacional Medellin. L’opportunité est belle, se servir du football pour gagner en popularité et blanchir l’argent sale du trafic de cocaïne : que demander de plus ?

Le passionné de football voit alors son empire s’agrandir un peu plus. Le filon est bon, tellement bon que le chef du cartel de Cali, Gilberto Rodríguez Orejuela, devient à son tour le président de l’America de Cali. Le pouvoir se disputera désormais également sur le terrain.

Le football des années 80 était local, rares étaient les joueurs sud-américains vendus en Europe.Panini équipe de Colombie 1994

C’est donc à l’intérieur même du continent que les deux présidents vont se battre afin de fonder la meilleure des équipes. Pablo Escobar accueillait ses joueurs dans son immense propriété, l’excès pour convaincre. Les augmentations pour assurer. La génération dorée des cafeteros de Maturana et son toque léché se voient partager les têtes d’affiches entre les deux clubs. Valderrama à l’America, Huiguita au Nacional. Le football colombien est beau. Les affaires d’Escobar prospèrent.

Sous son règne, l’Atletico Nacional Medellin remporte une Copa Libertadores, une première pour un club colombien, une Coupe intercontinentale et 4 championnats colombiens. Le club devient alors l’un des plus grands clubs d’Amérique du Sud. Grâce aux millions de dollars que le cartel de Medellin investi, Pablo Escobar s’achète une image auprès du grand public. Ses investissements vont alors plus loin. Le narcotrafiquant s’ancre dans le quotidien des quartiers défavorisés de Medellin. Dans les complexes qu’il fait construire on retrouve très souvent des terrains de football.

 “On fuyait depuis 15 jours, et à un moment, je me suis retrouvé seul avec Pablo. On a sauté dans un fossé pour se cacher et il a sorti sa radio portable. Je pouvais sentir les troupes se rapprocher, je flippais. Pablo s’est tourné pour me parler. J’ai pensé qu’ils nous avaient trouvé et j’ai chargé mon pistolet. Et Pablo m’a dit “la Colombie a marqué”  John Jairo Velasquez, second d’Escobar.

Escobar et sa personnalité contestée influenceront le monde du football colombien. Meurtrier pour les uns, saint pour les autres. Entre assassinats et œuvres caritatives chacun voit ce qu’il a envie de voir. Pendant ce temps là, Pablo Escobar n’hésite pas à se rendre dans les tribunes du Nacional alors que toute la police du pays le recherche. Celui qui se considère comme le plus grand fan de la sélection nationale entretien de forte relation avec les joueurs. Celle-ci mènera les joueurs de la sélection dont René Huiguita, idole du Nacional, à rendre visite à Escobar dans sa prison dorée « El Catedral ». Cette visite fera la Une des journaux et un tollé de critiques tombèrent de la part des politiques colombiens sur le cafeteros. Une erreur qu’il paiera cash, comme la rançon qu’il aurait transporté pour délivrer la fille de Pablo. 7 mois d’incarcération et le Mondial 94 de manqué.

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L’argent sale arrosera la pelouse et les vestiaires du championnat colombien pendant près de 15 ans. Avec la mort d’Escobar en 1994 et l’arrestation de Gilberto Rodríguez Orejuela en 1995, c’est un dur retour à la réalité qui s’opère pour les clubs démantelés. Les salaires astronomiques ne peuvent plus être assumés. Des dettes considérables ne sont que le triste bilan d’années passées sous l’égide des cartels.

Le football et l’argent sale, je t’aime moi non plus.

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